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06 mars 2022

Islam et école en France - Samia Langar

  

Pourquoi et comment sommes-nous passés de la « Marche des Beurs » de 1983, revendiquant l’égalité et la pleine citoyenneté française, à un nouvel investissement de la religion musulmane qui, selon certains, frappe aux portes de l’école ? C'est ce processus complexe que Samia Langar analyse dans cet ouvrage.
Après un retour indispensable et sans concession sur le contexte historique qui a façonné cette « question de l’islam », la chercheuse donne la parole aux premiers intéressés : les personnels de l’Éducation nationale et les parents de culture musulmane. Ces enfants souvent montrés du doigt sont des élèves comme les autres et, à ce titre, enseignants comme parents pensent d’abord à leur réussite scolaire. Ces enfants sont aussi les habitants de territoires enclavés de la banlieue lyonnaise, devenus leur seul refuge. Ces enfants sont enfin des Français que l’on qualifie encore, après quatre générations nées en France, comme étant « issus de l’immigration ».
Les questions d’intégration, d’identité et de laïcité traversent les échanges, et laissent clairement transparaître un déficit de reconnaissance. Quant au retour à la religion, il apparaît davantage comme un recours face au sentiment d’exclusion, et son expression est avant tout celle d’une aspiration intérieure et non d’une revendication collective.

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15 février 2022

Pieds-blancs - Zoubeir Ben Bouchta

   

C'est la rencontre dans un hangar du port de Tanger de deux personnages : Arab Lafrance, un Français d'origine marocaine, parti de Clichy-sous-Bois après les émeutes de 2005 à la recherche de sa petite amie à Marseille, et qui se retrouve, sans le vouloir, sur le quai du port de Tanger ; Assas (gardien en arabe), un Marocain des environs de Ouarzazate, arrivé à Tanger dans le but d'immigrer clandestinement en Europe, et qui, après plusieurs tentatives vouées à l'échec, est devenu gardien d'un hangar de camions. Désir et rêve d'immigrer de part et d'autre d'une Méditerranée devenue le cimetière de tant de rêves et de destins, c'est ce qui inscrit Pieds-Blancs au cœur d'une actualité brûlante et tragique.

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Je vais tout d'abord remercier Babelio de m'avoir permis de revenir dans le cercle semble-t-il fermé de ceux qui ont la chance d'être désignés par le sort et

23 décembre 2021

Le rapport chinois - Pierre Darkanian

      


Une rumeur circule dans les cercles de pouvoir. Elle concerne un épais dossier intitulé Le Rapport Chinois. On dit que sa lecture rend fou. Pour certains, ce rapport à quelque chose à voir avec les cartels de la drogue. Pour d’autres il s’agit du manifeste d’un complot mondial. Quelques-uns en parlent comme d’un texte visionnaire.
On s’accorde en tout cas sur l’identité de son rédacteur : Tugdual Laugier. Mais là-aussi le mystère reste entier… Est-ce le nom d’un imposteur surdoué, d’un prophète ou d’un parfait imbécile ?
Quand la société des Hommes devient une farce, la vérité a besoin d’un bouffon. Le premier roman de Pierre Darkanian est une corde de funambule tendue entre le vide de l’existence et l’absurdité du monde moderne. On y danse, trébuche et progresse derrière Tugdual, aussi inoubliable que Falstaff ou Ignatius Reilly, d’une falaise à l’autre, d’un rire féroce à une troublante mélancolie.

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Quel étrange ouvrage que ce premier roman de Pierre Darkanian ! Lecture commune du prochain Comité des lecteurs, il était aussi conseillé par la libraire lors de la présentation de la rentrée littéraire. Un roman farfelu, satirique sur fond de scandales financiers et qui traite de la vacuité de certains métiers, de l'absurdité du capitalisme... Un roman très drôle...

20 novembre 2021

Le cercueil de Job - Lance Weller

   

Alors que la Guerre de Sécession fait rage, Bell Hood, jeune esclave noire en fuite, espère gagner le Nord en s’orientant grâce aux étoiles. Le périple vers la liberté est dangereux, entre chasseurs d’esclaves, combattants des deux armées et autres fugitifs affamés qui croisent sa route. Jeremiah Hoke, quant à lui, participe à l’horrible bataille de Shiloh dans les rangs confédérés, plus par hasard que par conviction. Il en sort mutilé et entame un parcours d’errance, à la recherche d’une improbable rédemption pour les crimes dont il a été le témoin. Deux destinées qui se révèlent liées par un drame originel commun, emblématique d’une Amérique en tumulte.
Doté d’un souffle épique qui emporte tout sur son passage, Le Cercueil de Job est un somptueux roman qui rend justice aux plus beaux espoirs humains.

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09 octobre 2021

La porte du voyage sans retour - David Diop

  

"La porte du voyage sans retour" est le surnom donné à l'île de Gorée, d'où sont partis des millions d'Africains au temps de la traite des Noirs. C'est dans ce qui est en 1750 une concession française qu'un jeune homme débarque, venu au Sénégal pour étudier la flore locale. Botaniste, il caresse le rêve d'établir une encyclopédie universelle du vivant, en un siècle où l'heure est aux Lumières. Lorsqu'il a vent de l'histoire d'une jeune Africaine promise à l'esclavage et qui serait parvenue à s'évader, trouvant refuge quelque part aux confins de la terre sénégalaise, son voyage et son destin basculent dans la quête obstinée de cette femme perdue qui a laissé derrière elle mille pistes et autant de légendes. S'inspirant de la figure de Michel Adanson, naturaliste français (1727-1806), David Diop signe un roman éblouissant, évocation puissante d'un royaume où la parole est reine, odyssée bouleversante de deux êtres qui ne cessent de se rejoindre, de s'aimer et de se perdre, transmission d'un héritage d'un père à sa fille, destinataire ultime des carnets qui relatent ce voyage caché.

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05 septembre 2021

Tant que je serai noire - Maya Angelou

    

Figure emblématique de l’histoire des États-Unis, Maya Angelou s’est engagée corps et âme dans le XXe siècle américain. Tant que je serai noire débute en 1957 lorsque, décidée à devenir écrivain, elle part avec son fils, Guy, pour rejoindre Harlem, épicentre de l’activité intellectuelle des Noirs américains. Elle participe aux bouleversements de l’époque et rencontre des artistes comme Billie Holiday et James Baldwin, et les leaders du mouvement des droits civiques, Malcolm X et Martin Luther King. Enfin, conquise par Vusumzi Make, qui se bat pour la liberté des Noirs d’Afrique du Sud, elle part vivre en Afrique, théâtre des luttes anticolonialistes, où elle devient journaliste. Ce récit autobiographique dessine le portrait d’une femme exceptionnelle qui a intégré, jusqu’au cœur de sa vie intime, une véritable révolution mondiale, culturelle et politique.

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16 février 2021

Ne t'enfuis plus - Harlan Coben

   

Une SDF dans Central Park.
C'est votre fille.
Disparue depuis des mois.
Elle fuit, elle a des ennuis.
Vous voulez la sauver.
Bien sûr, qui n'aiderait pas son enfant ?
Mais vous ignorez que la rattraper, c'est la mettre en danger. Elle et tous ceux que vous aimez.

Les secrets ne meurent jamais.

30 janvier 2021

Les lettres d'Esther - Cécile Pivot

   

À la mort de son père, Esther, libraire du nord de la France, décide d’ouvrir un atelier d’écriture épistolaire, en souvenir de la correspondance qu’ils entretenaient tous les deux. Cinq personnes répondent à son annonce : Jeanne, 70 ans, dont la colère contre les dérives de la société actuelle reste toujours aussi vive ; Juliette et Nicolas, un couple démuni et désuni face à une sévère dépression post-partum ; Jean, un businessman cynique qui ne trouve plus de sens à sa vie ; Samuel, un adolescent rongé par la culpabilité qui ne parvient pas à faire le deuil de son frère, mort d’un cancer. 

Tous aspirent à bien autre chose qu’à apprendre à écrire, et au fil des lettres, des solitudes sont rompues, des liens se renouent, des cœurs s’ouvrent, des reprochent s’estompent, des mots/maux trop longtemps tus sont enfin écrits, des peurs et des chagrins sont exorcisés. ​

Ces correspondances croisées seront une véritable leçon de vie dont chaque participant ressortira profondément transformé, prêt à s’ouvrir au bonheur et à la réconciliation, qu’ils se trouvent dans une cabine téléphonique au fin fond du Japon, dans la douceur d’une brioche ou dans les yeux d’un bébé.​ Un roman épistolaire pétri d’humanité et d’amour de la vie​.

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Nouvelle lecture de la rentrée littéraire 2020 proposée par le Comité de lecteurs de la bibliothèque auquel je participe, parallèlement au Club de lecture de la librairie que je fréquente. Sur les 6 titres de la sélection pour le rendez-vous de janvier, il me semble que celui-ci est le seul qui ne soit pas un premier roman.

Ce récit à un petit côté désuet et romantique, faisant revivre pour notre plus grand bonheur le temps des correspondances épistolaires, celui d'avant internet et WhatsApp. J'ai adoré le principe de ce roman : en réponse à la proposition d'une libraire lilloise, 5 inconnus sont invités à échanger des lettres. Ils doivent se choisir chacun deux correspondants et écrire en répondant aux consignes de la libraire. Les participants étant en nombre impair, la libraire doit également se prêter au jeu.

Se livrer par écrit lorsqu'on ne se connaît pas n'est pas un exercice facile. Mais chacun va finir par nouer des relations sincères avec ses correspondants. A travers ces lettres, plus ou moins longues, le lecteur partage non seulement la vie de ces 6 protagonistes qui se racontent avec plus ou moins de profondeur selon leur tempérament, mais on découvre aussi leurs caractères à travers leurs mots, leurs réactions aux courriers des autres, leur compassion ou leur agacement parfois. Chacun des six écrivains en herbe se dévoile petit à petit. Tous évoluent grâce à ses échanges qui finalement engagent peu dans la mesure où ils ne se connaissent pas, mais qui leur apportent beaucoup.

Les sujets abordés touchent à l'intime : l'éloignement d'une mère et de sa fille, l'absence d'un père qui n'était pas fait pour la vie de famille, le deuil d'un frère et la souffrance de ceux qui restent... et puis bien sûr la dépression du post partum, qui m'a beaucoup touchée tant ce sentiment est éloigné de l'enchantement qu'à été pour moi la naissance de ma fille. Quelle souffrance pour cette mère qui n'entre pas dans les codes de la maternité heureuse qu'impose notre société ! Quelle incompréhension et incrédulité pour le père de l'enfant. L'idée de participer à cet atelier vient de la psychologue de la jeune femme pour qui la correspondance doit leur permettre de se retrouver et de se parler. J'ai trouvé cette idée tellement originale et sensible.

Malgré ces sujets douloureux et forts, j'ai trouvé ce livre un peu facile ou superficiel. J'ai trouvé qu'il manque un peu d'épaisseur et de densité. Néanmoins, j'ai aimé cette atmosphère douce et un peu éthérée, ce côté un peu suranné des échanges épistolaires. J'ai apprécié la sincérité des personnages dans leurs échanges, leur capacité d'écoute et d'empathie. J'avais commencé à écrire ce billet en pensant le faire paraître dans le challenge Feel Good de Soukee. Finalement il n'y sera pas, mais je pense qu'il répond bien aux critères du genre : c'est une histoire originale, qui fait du bien et donne une vision positive et optimiste de la vie et des gens. Un récit léger et accessible. Mais ce classement ne doit pas faire oublier l'originalité de la construction et du parti pris littéraire.

Une belle histoire qui vous donne envie de reprendre la plume et le papier et d'échanger des lettres.

Les lettres d'Esther - Cécile Pivot

Editions Calman-Levy - août 2020 - 320 pages


D'autres avis chez Mumu dans le bocage, Les livres d'Eve ou encore Collection de livres.




27 janvier 2021

Le jardin de Minuit - Edith

       
 
Été. Angleterre, XXe siècle. Tom Long est contraint de passer ses vacances chez son oncle et sa tante, car son frère a la rougeole. Ils habitent un appartement, situé dans un immeuble sur cour. L'ennui s'installe... Quand soudain, une nuit, un événement étrange se produit : l'horloge du hall sonne treize coups ! La cour a laissé place à un immense jardin... Tom s'y risque, il y devient invisible sauf aux yeux d'une petite fille de son âge, Hatty, vêtue d'une tenue du siècle dernier. Elle semble vivre dans un temps qui n'obéit pas aux lois chronologiques... Quel mystère se dissimule derrière ce bouleversement temporel ?...

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J'avais repéré la couverture de cet album au gré de mes pérégrinations sur vos blogs et elle m'avait séduite. Aussi, quand je l'ai vue à la bibliothèque, je l'ai bien vite ramenée à la maison. Le dessin m'a plu et l'atmosphère légèrement surannée m'intriguait. 

Cet album est librement inspiré d'un classique de la littérature jeunesse, que je ne connaissais absolument pas. Il nous plonge dans la vie un peu tristoune que Tom partage temporairement avec son oncle et sa tante, dans leur appartement. Les minutes et les heures s'enchaînent sans que le pauvre Tom ne trouve matière à se distraire aux côtés de ce couple d'une cinquantaine d'années. Cependant, une nuit, Tom découvre un jardin qui va chambouler ses jours... et ses nuits.

J'ai beaucoup aimé le dessin et les couleurs douces de ces pages, le passage de l'ocre et du brun qui décrit un quotidien d'ennui avec l'oncle et la tante, laissant place à des verts tendres quand s'ouvrent les portes du jardin.

L'histoire est également réussie. J'aime beaucoup cette rencontre entre les deux enfants, Tom et Hatty, vivant pourtant à des époques différentes et réunis la nuit, à la faveur d'une treizième heure sonnée par la pendule du hall. Leur histoire est pleine de poésie, touchante. L'ambiance très british renforce la poésie de cet album.

Cette histoire m'a un peu fait penser à Peter Pan, quand les enfants croient encore à leurs rêves et rencontrent des personnages que eux seuls peuvent voir. Car c'est aussi des rêves de l'enfance dont il est question dans cet album, de ces joies et des jeux qui finissent par s'effacer et que l'on oubliera un jour.


Heureusement, tous les adultes ne perdent pas leur âme d'enfant en grandissant et il en reste dans cette histoire.

Dernier point fort, les 96 pages qu'il contient : je n'aime pas trop la brièveté en matière de Bandes Dessinées.

Un bel ouvrage, onirique et plein de tendresse, destiné aux grands enfants.



Le jardin de Minuit - Edith
Editions Soleil, collection Noctambule - avril 2015 - 96 pages





Cette semaine chez Moka Milla






11 janvier 2021

La péninsule aux 24 saisons - Mayumi Inaba

     

Dans un paysage de mer et de falaises d'une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d'elle-même et passe des jours heureux d'une grande douceur.

En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l'apprentissage des vingt-quatre saisons d'une année japonaise. A la manière d'un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l'attente des lucioles de l'été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser.

Dans ce hameau au bord du monde, l'entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l'atelier du miel de son amie Kayoko.

Vingt-quatre saisons, c'est le temps qu'il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie.

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Je ne sais pas bien en quoi consiste un roman Feel Good...  En regardant les définitions sur divers blogs et sites littéraires, je vois que l’objectif de ce type de roman est de faire en sorte que le lecteur se sente bien, comme dans un cocon. Il doit avoir l’impression d’ouvrir une parenthèse salutaire et de respirer dans son quotidien parfois morose (Librinova). Je lis aussi que ces ouvrages sont faciles à lire, avec une couverture colorée et un titre long... C'est sur la base de cette définition que j'ai choisi de vous parler de ce texte que j'ai lu pendant les vacances d'avril.

Cela faisait longtemps que j'avais ce livre dans ma bibliothèque (il est paru en France en 2018). Les dessins colorés de la couverture m'avaient tapé dans l'œil, de même que son titre et la quatrième de couverture. La période du confinement et les beaux jours d'avril m'ont donné envie de m'y plonger, confortablement installée dans mon jardin. Le thème de ce récit convenait parfaitement à mon état d'esprit du moment, et, je pense, à la définition du roman Feel Good.

"Je me penche sur la profondeur des ténèbres silencieuses où ni voiture ni âme ne passe, et mon oreille savoure l’ineffable plaisir d’être absorbée par la densité du silence."

Il ne se passe pas grand chose dans ce récit. Une femme d'à peine 60 ans, qui vient de vivre une rupture amoureuse, décide que quitter sa vie hyper active et bouillonnante de Tokyo pour rejoindre un petit coin de nature en bord de mer et de forêt. Elle y possède une cabane dans laquelle elle vient régulièrement passer quelques jours. Mais cette fois-ci, elle s'éternise. Son métier de traductrice lui permet de travailler sur place, et de lever le pied aussi. On découvre alors sa vie entre la mer et les marais, les bois qui bordent son terrain. On rencontre les voisins avec lesquels elle découvre l'élevage des abeilles et la production de miel, avec qui elle échange des banalités ou des pots de confiture. Ce à quoi nous invite surtout Mayumi Inaba, c'est à prendre le temps de regarder la nature, de la sentir, d'écouter les chouettes ou les moustiques, suivre les sentiers qui cheminent dans les bois ou en bord de mer, observer les camélias...

Au cours de cette année passée à l'écart de l'effervescence du monde, au cours de ces 24 saisons japonaises, l'auteure nous invite à ralentir le rythme, à prendre le temps, pour nous, pour les autres et pour observer la nature. Le texte est poétique et on savoure le temps passé à observer la proue de la barque qui dépasse du marais, ou les lucioles qui illuminent la nuit. Il n'y a pas de surprises dans ce livre : c'est un moment agréable à savourer simplement. Si j'ai par moments trouvé le récit un peu fade, j'y suis vite revenue pour y musarder avec la narratrice et y puiser des moments de tranquillité et de douceur.

Un récit léger, qui nous ramène à l'essentiel et nous apaise. Un roman Feel Good pour bien commencer l'année.


La péninsule aux 24 saisons - Mayumi Inaba
Editions Philippe Picquier, mars 2018, 224 pages


Ma 6ème participation au Challenge Feel Good 2021


28 décembre 2020

Le coeur qui tourne - Donal Ryan



Bobby Mahon était une figure respectée du village. L'ancien contremaître de l'entreprise locale est désormais, comme la majorité des habitants, au chômage. Sans indemnités ni espoir de retrouver du travail. La crise qui frappe de plein fouet l'Irlande déchire les liens de sa communauté. Les langues se délient, les rumeurs circulent, les tensions et les rivalités émergent. Et, faute de pouvoir s'en prendre au patron qui a mis la clé sous la porte, Bobby devient la cible d'hommes et de femmes démunis et amers. Jusqu'à l'irréparable... Vingt et un narrateurs se succèdent pour raconter leur vérité dans une construction ambitieuse qui n'est pas sans rappeler Faulkner. Un premier roman élu « Meilleur livre de l’année 2012 » en Irlande.

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Mon précieux carnet de lecture me rappelle que j'ai terminé la lecture de ce récit fin septembre… Et pourtant, il ne m'a pas laissé beaucoup de souvenirs. La principale raison étant que j'ai la mémoire courte, et c'est d'ailleurs ce qui m'a conduite à ouvrir un blog, en 2009... Comme je n'ai pas toujours le temps de rédiger mes articles rapidement après ma lecture, j'ai commencé à écrire dans un joli carnet fait exprès, quelques idées en vue de cet article. Malgré cela, je vais avoir du mal à être très précise dans mon billet.

Ce roman ne retrace pas la vie de personnages, il ne s'attache à personne en particulier, il donne au lecteur une vue de l'Irlande contemporaine, prise entre les faillites et la misère, le chômage et la violence, la rancune et la jalousie, mais l'espérance et la tendresse aussi. Nous sommes en 2010 et cette petite ville irlandaise s'asphyxie, plongée dans la misère et les relations plutôt distantes entre chacun de ses habitants. On découvre la vie de cette petite ville, et de l'Irlande de façon plus générale, à travers le regard de 21 habitants. Les points de vue sur un même fait ou un même contexte se succèdent, donnant une perception très intime des événements. Ce sont 21 regards sur le monde qui, mis bout à bout, donnent un tableau sensible et complexe de cette Irlande rurale, un peu isolée, et touchée par le chômage.

J'ai aimé cette construction originale qui dépeint un tableau tout en nuances. Mais le fait qu'aucun personnage ne sorte vraiment du récit, qu'on ne s'attache pas vraiment à l'un d'eux en particulier, rend difficile l'expression d'une quelconque empathie et sans cet attachement, j'ai eu du mal à me sentir concernée par ce récit. J'ai eu du mal à en garder trace dans ma mémoire.

"Ils se sont mis à l'aimer, alors, ou plutôt ils aimaient ce qu'il représentait pour eux, ce qu'ils pensaient voir en lui : quelqu'un qui aurait pu aisément prétendre à un autre genre de vie, mais qui pourtant avait choisi la leur : la rancœur et l'amertume, le whisky allongé à l'eau dans les vieux verres ternis, les salles sombres des pubs de campagne envahis de toiles d'araignées, les toilettes barbouillées de merde, le sang mêlé à la pisse et une fin prématurée."

Un premier roman qui a été élu meilleur livre de l'année 2012 en Irlande, lauréat du "Guardian First Book Award" en 2013 et de nombreux autres prix par la suite. Un roman qui vaut donc quand même le coup d'oeil.

Le cœur qui tourne - Donal Ryan
Sortie chez Albin Michel, 25 février 2015, 180 pages


Pour compléter ce billet, je vous invite à lire les avis de Lettres d'Irlande et d'ailleurs, Les chroniques assidues ou encore Avides lectures.


07 décembre 2020

La fièvre - Sébastien Spitzer


Memphis, juillet 1878. En pleine rue, pris d’un mal fulgurant, un homme s’écroule et meurt. Il est la première victime d’une étrange maladie, qui va faire des milliers de morts en quelques jours.
Anne Cook tient la maison close la plus luxueuse de la ville et l’homme qui vient de mourir sortait de son établissement. Keathing dirige le journal local. Raciste, proche du Ku Klux Klan, il découvre la fièvre qui sème la terreur et le chaos dans Memphis. Raphael T. Brown est un ancien esclave, qui se bat depuis des années pour que ses habitants reconnaissent son statut d’homme libre. Quand les premiers pillards débarquent, c’est lui qui, le premier, va prendre les armes et défendre cette ville qui ne voulait pas de lui.
Trois personnages exceptionnels. Trois destins révélés par une même tragédie.

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J'ai découvert cet auteur avec le fameux Ces rêves que l'on piétine, un récit que j'avais beaucoup aimé, un premier roman qui m'avait émue. Je n'ai donc pas hésité à la sortie de ce second roman à la rentrée 2020. D'autant que la 4ème de couverture annonçait à nouveau l'inscription du roman dans un contexte historique particulièrement fort, à la fin de la Guerre de Sécession dans un état du sud de l'Amérique, le Tennessee. Si la guerre est finie, les mentalités prendront plus de temps à changer et le roman témoigne des tensions encore vives entre les deux clans, unionistes et sudistes.

Dans ce roman, Sébastien Spitzer nous fait découvrir un épisode particulièrement marquant de cette période dans la ville de Memphis, une épidémie de fièvre jaune qui a dévasté la région au cours des années 1870. Récit troublant aussi pour le lecteur, en cette période de pandémie mondialisée et de confinements préventifs. A la fin du récit, l'auteur revient sur la génèse de ce roman, né de l'extrait d'un concert donné par Elvis à Las Vegas en 1969. A peine son roman terminé, l'auteur découvre avec le monde entier ce nouveau virus venu d'Asie qui nous tient sous cloche depuis déjà 9 mois. Lire ce texte en ce moment est donc particulièrement troublant.

"L'histoire fait des rimes tristes avec les faibles, elle tisse des tragédies dans les têtes imbéciles pour déjouer le quotidien, prendre le banal de court. C'est toujours la même chose. A chaque fois, ces gamines se font prendre, corps et fric."

La fièvre nous parle de l'Amérique de la fin du XVIIIème siècle, qui se remet difficilement de la fracture Nord Sud, qui affranchit ses esclaves et voit naître le Ku Klux Klan ; une Amérique où la Presse devient puissante, où les maisons closes réunissent la misère et le pouvoir dans des chambres où tout est permis. La fièvre, c'est l'histoire d'Anne Cook, de Keating et de T.Brown, mais aussi celle d'Emmy.

"Il y a eu tant de morts. Des centaines ! Des milliers, paraît-il ! Soit. Des milliers ! Ces chiffres ne veulent rien dire. Des milliers, ça fait combien de Sonia ? Comment s'appelaient-ils, tous ces gens ? Des chiffres sans noms ne font pas des morts."

Ce roman balaye de très nombreux thèmes, très riches et documentés. Mais il diffuse peu d'émotions et d'empathie. Cela reste une lecture facile qui nous emporte dans une histoire intéressante, grâce au goût pour l'Histoire de Sébastien Spitzer, et son talent de narrateur.

Je vous invite à découvrir les critiques de Kitty la mouette, Collection de livres ou Alex Mot à mots.


La fièvre - Sébastien Spitzer
Albin Michel, 19 août 2020, 320 pages



1ère lecture RL 2020



03 décembre 2020

Je suis la bête - Andrea Donaera


Domenico Trevi, dit Mimì, est à la tête de la Sacra Corona Unità, la principale organisation mafieuse des Pouilles. Lorsque son fils se donne la mort, il lui faut trouver un bouc émissaire. La jeune Nicole, qui aurait éconduit son fils au point de lui briser le cœur, apparaît comme la coupable idéale. Dès lors, entre fureur et secrets de famille, s’enclenche une spirale de folie et de violence à laquelle il sera difficile d’échapper… Multipliant les points de vue, Andrea Donaera construit un roman polyphonique d’une rare puissance, maîtrisant de main de maître une narration tout en tension qui explore au plus près les sentiments cachés, la perte de l’innocence et la part d’ombre en chacun de nous.

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Voici très certainement un roman vers lequel je ne me serai pas orientée sans le petit coup de pouce du club de lecteurs de la bibliothèque. Outre les rencontres et les échanges, c'est d'ailleurs bien l'intérêt de ce type de "clubs" : la découverte d'univers insoupçonnés, qui ne sont pas présentés dans les médias habituels qui traitent de l'actualité littéraire.

Ce récit est un premier roman, paru dans la grande effervescence de la rentrée littéraire 2020. Un roman sur fond de terreur au sein d'un clan mafieux, où la douleur confine à la folie et l'horreur.
"Et Mimi pense qu'il va les tuer tous. Tous, s'ils ne partent pas, s'ils ne partent pas d'ici, s'ils ne le laissent pas seul. Mimi va faire un carnage, il va les tuer tous."


Le lecteur débarque en plein recueillement familial autour du cercueil de Michele, le fils de Mimi, chef d'une organisation mafieuse de la région des Pouilles en Italie. Si la SCU est bien réelle, le sujet n'est pas d'en dépeindre l'organisation et les rites, mais d'entrer dans le fonctionnement terrifiant d'un clan. On découvre page après page, la perception de chacun des protagonistes essentiels de l'histoire face à la tempête déchaînée par la mort de Michele. Le père, Mimi, que l'on voit progressivement sombrer dans la folie, la fille, qui peut-être aurait dû partir avant qu'il ne soit trop tard, la mère, qui est restée jusqu'à en perdre la raison, Nicole, la coupable présumée, jeune innocente que la folie meurtrière ne tardera pas à rattraper, et Véli dont on ne sait pas trop combien il est coupable ou innocent mais qui tient l'équilibre entre espoir et tragédie. Le tout sur fond de la musique désormais mythique de Nirvana.

Un récit prenant, addictif et lancinant, comme la musique du groupe américain. L'auteur a un style cadencé, répétitif, fait de petites phrases percutantes, saccadées. J'ai été perturbée par ce style au début de ma lecture je dois le reconnaître. Mais l'univers oppressant et malsain dessiné par l'auteur pousse le lecteur vers la fin pour savoir comment toute cette folie va bien pouvoir s'arrêter.

"Et Arianna pense qu'elle va les tuer tous. Tous, s'ils ne partent pas, s'ils ne partent pas d'ici, s'ils ne la laissent pas seule. Arianna va faire un carnage, elle va les tuer tous."


Une belle mécanique et un style travaillé et original pour un roman où il m'a quand même manqué un peu d'âme et d'émotion. Un premier roman qui mérite qu'on s'y arrête.

Pour compléter, découvrez le billet de Titine sur Plaisirs à cultiver.

Je suis la bête, Andrea Donaera

Editions Cambourakis, septembre 2020, 216 pages


 

22 avril 2020

Le sabotage amoureux - Amélie Nothomb

 

Saviez-vous qu'un pays communiste, c'est un pays où il y a des ventilateurs? Que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin ? Qu'un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n'est qu'un épilogue? Vous l'apprendrez et bien d'autres choses encore dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d'amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans. Un sabotage amoureux : sabotage, comme sous les sabots d'un cheval qui est un vélo… Avec ce roman, son deuxième livre, Amélie Nothomb s'est imposée comme un des noms les plus prometteurs de la jeune génération littéraire.

16 avril 2020

Trump - Alain Badiou

 

Les esprits éclairés aiment à se moquer de Donald Trump. Il serait le symbole d'une forme de stupidité politique qui n'attendrait que le réveil des gens de bonne volonté pour s'évanouir comme un mauvais rêve. Mais rien n'est plus faux. Plutôt qu'un symbole, Trump est un symptôme : celui de la disparition progressive de la politique dans un gigantesque processus d'unification, où les camps en apparence les plus hostiles se tiennent en réalité la main. Pour en finir avec Trump, c'est cette disparition qu'il convient de combattre, en restaurant les possibilités d'une opposition qui résiste au consensus fondamental de notre temps. Ce consensus porte un nom : capitalisme démocratique.

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12 avril 2020

Les soldats de Salamine - Javier Cercas

 

A la fin de la guerre civile espagnole, l'écrivain Rafael Sânchez Mazas, un des fondateurs de la Phalange, réchappe du peloton d'exécution des troupes républicaines défaites qui fuient vers la frontière française. Un soldat le découvre terré derrière des buissons et pointe son fusil sur lui. Il le regarde longuement dans les yeux et crie à ses supérieurs : "Par ici, il n'y a personne !"

Là valeur qu'il entrevoit au-delà de l'apparente anecdote historique pousse un journaliste, soixante ans plus tard, à s'attacher au destin des deux adversaires qui ont joué leur vie dans ce seul regard.

Il trace le portrait du gentilhomme suranné rêvant d'instaurer un régime de poètes et de condottieres renaissants, quand surgit la figure providentielle d'un vieux soldat républicain. L'apprenti tourneur catalan, vétéran de toutes les guerres, raconte : les camps d'Argelès, la légion étrangère, huit années de combats sans relâche contre la barbarie fasciste. Serait-il le soldat héroïque ? L'homme laisse entendre que les véritables héros sont tous morts, tombés au champ d'honneur, tombés surtout dans l'oubli ; que les guerres ne seraient romanesques que pour ceux qui ne les ont pas vécues.

Ce livre, qui a bouleversé l'Espagne, entreprend une carrière internationale sans précédent.

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10 décembre 2019

Le Ghetto intérieur - Santiago H. Amigorena

 

«Vicente Rosenberg est arrivé en Argentine en 1928. Il a rencontré Rosita Szapire cinq ans plus tard. Vicente et Rosita se sont aimés et ils ont eu trois enfants. Mais lorsque Vicente a su que sa mère allait mourir dans le ghetto de Varsovie, il a décidé de se taire. Ce roman raconte l'histoire de ce silence - qui est devenu le mien.»

30 novembre 2019

Un monde sans rivage - Hélène Gaudy

 

À l'été 1930, sur l'île Blanche, la plus reculée de l'archipel du Svalbard, une exceptionnelle fonte des glaces dévoile des corps et les restes d'un campement de fortune. Ainsi se résout un mystère en suspens depuis trente-trois ans : en 1897, Salomon August Andrée, Knut Frænkel et Nils Strindberg s'élevaient dans les airs, déterminés à atteindre le pôle Nord en ballon, et disparaissaient. Parmi les vestiges, on exhume des rouleaux de pellicule abîmés qui vont miraculeusement devenir des images.
À partir de ces photographies au noir et blanc lunaire et du journal de bord de l'expédition, Hélène Gaudy imagine la grande aventure d'un envol et d'une errance. Ces trois hommes seuls sur la banquise, très moyennement préparés, ballottés par un paysage mobile, tenaillés jusqu'à l'absurde par la joie de la découverte et l'ambition de la postérité, incarnent l'insatiable curiosité humaine qui pousse à parcourir, décrire, circonscrire et finalement rétrécir le monde.

Livre d'une richesse inépuisable, aussi poétique que passionnant, Un monde sans rivage propose un voyage opiniâtre dans les étendues blanches du Grand Nord, un périple à travers le temps en compagnie de ces trois explorateurs et de bien d'autres intrépides, une méditation sur l'effacement et une déclaration d'amour à la photographie dans ses deux mouvements d'aval et d'amont : fixer les souvenirs et réactiver perpétuellement la machine à rêves.

11 juin 2019

On est foutu, on pense trop ! : Comment se libérer de Pensouillard le hamster - Serge Marquis

Après ma lecture en demi-teinte de "Le jour où je me suis aimé pour vrai" du même auteur, j'ai voulu découvrir cet autre classique de Serge Marquis. L'auteur avait connu un franc succès lors d'une intervention qu'il a faite auprès des personnels de la Collectivité qui m'emploie et à laquelle je n'avais pu assister.
On part ici à la rencontre de ce fameux Pensouillard, petit hamster qui s'agite dans le bocal qui nous sert de cerveau et génère des angoisses, du stress et autres perturbations qui nous empêchent d'apprécier simplement le moment présent et les personnes qui nous entourent. Autre petit nom pour M. le hamster : l'EGO ! Et oui, parce que tout tourne décidemment autour de lui.
J'ai encore eu un peu de mal avec cette lecture, ne voyant pas trop ce que je pouvais en tirer, comment je pouvais synthétiser le propos de l'auteur pour mieux me l'approprier et qu'il me soit utile dans mon quotidien. Finalement, j'ai organisé une petite prise de notes dans mon Bullet Journal (oui, je m'y suis essayée, même si cela fait bien longtemps que je n'ai pas eu le temps de m'y replonger) que je vais partager avec vous. Et si le sujet vous intéresse, je vous ai mis en fin de billet la vidéo d'une intervention de Serge Marquis à l'université de Nantes (avec l'accent s'il vous plait).

On est foutu, on pense trop - Serge Marquis.
Éditions Points, avril 2016, 160 pages.


13 mai 2019

Fleurs de tempête - Philippe Le Guillou

Voici ma dernière lecture pour le prochain Comité des lecteurs de la bibliothèque Libre Cour qui se réunira autour des auteurs bretons. J'avais déjà lu deux des 6 titres proposés :
   - A l'angle du renard, Fabienne Juhel
   - Article 353 du code pénal, Tanguy Viel

Et j'ai donc découvert les 4 autres propositions :
   - La fille à histoires, Irène Frain
   - Rade amère, Ronan Gouézec
   - Trois éclats toutes les vingt secondes, Françoise Kerymer

Je termine mon voyage en terre bretonne avec l'ouvrage de Philippe Le Guillou, Fleurs de tempêtes. Je repars avec cette dernière lecture dans l'univers évocateur et inspirant de la pointe du Finistère. Un petit bout de terre, entre Camaret, Le Faou, Brest, et jusqu'à l'Ile de Sein… qui était déjà le territorie éloquent des récits de Tanguy Viel, Ronan Gouézec et Françoise Kerymer. Dans ce Fleurs de tempêtes, l'auteur nous fait naviguer entre Brest et Paris, à la découverte d'univers à jamais perdus.