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09 mars 2022

Les graciées - Kiran Millwood Hargrave

    

1617, Vardø, au nord du cercle polaire, en Norvège. Maren Magnusdatter, vingt ans, regarde depuis le village la violente tempête qui s’abat sur la mer. Quarante pêcheurs, dont son frère et son père, gisent sur les rochers en contrebas, noyés. Ce sont les hommes de Vardø qui ont été ainsi décimés, et les femmes vont désormais devoir assurer seules leur survie. Trois ans plus tard, Absalom Cornet débarque d’Écosse. Cet homme sinistre y brûlait des sorcières. Il est accompagné de sa jeune épouse norvégienne, Ursa. Enivrée et terrifiée par l’autorité de son mari, elle se lie d’amitié avec Maren et découvre que les femmes peuvent être indépendantes. Absalom, lui, ne voit en Vardø qu’un endroit où Dieu n’a pas sa place, un endroit hanté par un puissant démon.
Inspiré de faits réels, Les Graciées captive par sa prose, viscérale et immersive. Sous la plume de Kiran Millwood Hargrave, ce village de pêcheurs froid et boueux prend vie.

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La Norvège sera le thème du prochain Comité de lecteurs à la bibliothèque Libre Cour de Vertou. Les bibliothécaires nous ont concocté une belle bibliographie d'ouvrages sur la Norvège et/ou écrits par des norvégien.nes. Si le pays me subjugue, j'avoue avoir abordé cette thématique avec un peu d'appréhension, mes dernières découvertes de littératures nordiques (islandaises notamment) m'ayant laissée quelque peu circonspecte. Je me suis pourtant prêtée au jeu et ai sélectionné quelques titres qui m'attiraient dans cette copieuse liste.

Ma première lecture a donc été ce roman de Kiran Millwood Hargrave, jeune poétesse et dramaturge anglaise. Dans ce superbe récit, l'autrice conduit son lecteur à la rencontre de deux jeunes femmes en Norvège au début du 17ème siècle : Maren, qui vit à Vardø, petit village au nord du cercle polaire qui vient de voir tous ses hommes périr en mer ; Ursa qui elle vient de Bergen, une ville vivante aux maisons colorées, et que son récent mariage avec le délégué Cornet, un écossais chasseur de sorcières, conduit à Vardø.

Les Graciées est un roman d'une grande sensibilité qui raconte la vie de ce village de femmes dans un environnement austère et rude, malmené par une nature intransigeante. Après la mort des hommes du village, leurs maris, enfants, pères, les femmes se retrouvent dans un élan de solidarité et prennent leur vie en main, allant jusqu'à s'aventurer en mer pour pêcher de quoi survivre. Mais rapidement, les rivalités naissent au sein de la collectivité et la lutte entre deux manières de considérer la vie s'engage.

Ces tensions sont exacerbées par le climat religieux de l'époque et l'arrivée du délégué, en chasse de sorcières dénoncées par leurs voisines, en particulier parmi la population Sami du village. C'est dans cet environnement délétère que Maren et Ursa tentent de sauver leur amitié naissante et gardent espoir d'une vie apaisée et libre.

Les Graciées est un magnifique récit sur l'amitié et l'amour, sur la solidarité et l'entraide, la tolérance et la liberté. Il témoigne tout autant des violences et des haines envers ceux qui sont différents, qui viennent d'ailleurs ou qui ont choisi une autre vie. En 1617 au nord de la Norvège, cette haine se tournait vers les Samis ou les femmes indépendantes, alors considérées comme des sorcières. A chaque époque ses boucs-émissaires.

"Je me souviens d'un temps où tu me disais que les runes te réconfortaient, un temps où les marins allaient trouver mon père pour qu'il lance ces os et leur indique le moment propice pour partir en mer. Tout cela n'est qu'un langage, Maren. Que tu ne le comprennes pas n'en fait pas l'œuvre du diable."

L'écriture de l'autrice met magnifiquement en valeur son récit. Ses talents de poétesse se révèlent dans ce récit historique passionnant. J'y ai retrouvé un peu du récit d'Olivier Truc, Le cartographe des Indes Boréales, un magnifique récit d'aventure qui nous mène également dans le nord de la Norvège où le peuple Sami gène les ambitions des riches européens basques ou hollandais. J'y ai également trouvé l'énergie de la communauté féminine rencontrée Dans la ville des veuves intrépides, un roman coloré et vivifiant dans un pays au sang chaud.

L'heureuse découverte d'un très beau récit et d'une auteure qu'il me tarde de lire encore.

Les Graciées - Kiran Millwood Hargrave
Edition Robert Laffont - août 2020 - 400 pages






27 décembre 2021

Les grandes oubliées - Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes - Titiou Lecoq

    

De tout temps, les femmes ont agi. Elles ont régné, écrit, milité, créé, combattu, crié parfois. Et pourtant elles sont pour la plupart absentes des manuels d'histoire.
"C'est maintenant, à l'âge adulte, que je réalise la tromperie dont j'ai été victime sur les bancs de l'école. La relégation de mes ancêtres femmes me met en colère. Elles méritent mieux. Notre histoire commune est beaucoup plus vaste que celle que l'on nous a apprise."
Pourquoi ce grand oubli ? De l'âge des cavernes jusqu'à nos jours, Titiou Lecoq s'appuie sur les découvertes les plus récentes pour analyser les mécanismes de cette vision biaisée de l'Histoire. Elle redonne vie à des visages effacés, raconte ces invisibles, si nombreuses, qui ont modifié le monde. Pédagogue, mordante, irrésistible, avec elle tout s'éclaire. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leurs voix.
"Femme libre et engagée, esprit avide et curieux, écrivaine confirmée, Titiou Lecoq livre un grand récit, passionnant et vrai." Michelle Perrot

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Heureusement que je ne corne pas les pages de mes livres, parce que celui-ci ne ressemblerait plus à grand chose ! J'ai dû coller une bonne vingtaine de post-it au fil de ma lecture des 325 pages du dernier livre de Titiou Lecoq. Et encore, est-ce parce que je me suis dit qu'il était guère utile d'en coller à chaque page... Je vous rassure, je ne vais pas vous citer tous les passages que j'ai retenus dans ce livre. Mais je vais quand même commencer par l'introduction.

24 novembre 2021

Sans famille - Hector Malot

     

Le chien Capi et le singe Joli-Cœur, la brave mère Barberin et le signor Vitalis à la longue barbe blanche, Lise la petite muette, Mattia le jeune musicien, sans oublier bien sûr le courageux Remi, l’enfant trouvé… Autant de personnages si attachants qu’on ne les oublie plus quand on a fait leur connaissance, et que les générations successives découvrent avec le même bonheur. Publié en 1878, Sans famille est devenu un classique de la littérature de jeunesse. Mais il n’y a pas d’âge pour se laisser captiver par l’extraordinaire don de conteur d’Hector Malot, et émouvoir par sa tendresse envers les humbles ; ni pour apprécier le talent avec lequel il tente de rendre le pittoresque et la réalité des milieux traversés par Rémi.

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20 octobre 2021

L'envol du moineau - Amy Belding Brown

  
 
Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d'Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d'accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien souvent terrible de cette tribu en fuite, traquée par l'armée. Contre toute attente, c'est au milieu de ces "sauvages" qu'elle va trouver une liberté qu'elle n'aurait jamais imaginée. Les mœurs qu'elle y découvre, que ce soit le rôle des femmes, l'éducation des enfants, la communion avec la nature, lui font remettre en question tous ses repères. Et, pour la première fois, elle va enfin pouvoir se demander qui elle est et ce qu'elle veut vraiment. Cette renaissance pourra-t-elle s'accoutumer d'un retour " à la normale ", dans une société blanche dont l'hypocrisie lui est désormais insupportable ?
Cette magnifique épopée romanesque, inspirée de la véritable histoire de Mary Rowlandson, est à la fois un portrait de femme bouleversant et un vibrant hommage à une culture bouillonnante de vie, que la " civilisation " s'est efforcée d'anéantir.

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29 avril 2021

Retour à Reims - Didier Eribon

   
 

Après la mort de son père, Didier Eribon retrouve son milieu d’origine avec lequel il avait plus ou moins rompu trente ans auparavant. Il décide alors de se plonger dans son passé. S’attachant à retracer l’histoire de sa famille et la vie de ses parents et grands-parents, évoquant le monde ouvrier de son enfance, restituant son parcours d’ascension sociale, il mêle à chaque étape de son récit les éléments d’une réflexion sur les classes, le système scolaire, la fabrication des identités, la sexualité, la politique, les partis, la signification du vote, etc. Réinscrivant ainsi les trajectoires individuelles dans les déterminismes collectifs, il s‘interroge sur la multiplicité des formes de la domination et donc de la résistance. Un grand livre de sociologie et de théorie critique.

20 avril 2021

J'aurais pu devenir millionnaire, J'ai choisi d'être vagabond - Alexis Jenni

  

" C'est l'homme le plus libre que j'ai jamais rencontré ", disait de lui Theodore Roosevelt.

Né en Écosse, débarqué à dix ans aux États-Unis, installé dans la région des Grands Lacs, il travaille sans relâche dans la ferme familiale, mais lève parfois la tête pour s'émerveiller de la nature environnante. Le soir, il invente des machines qu'il présente en ville, dont ce réveil qui le sort automatiquement du lit à l'heure du lever. Très vite, John Muir rejette cette existence de forçat et décide de vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin et sillonne le pays à pied jusqu'en Floride, puis rejoint la Californie. Dès lors, il ne cessera de parcourir le monde. Figure mythique aux États-Unis, créateur du parc national de Yosemite, John Muir s'interrogea sur le sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et y répondit tout simplement par son mode de vie.

10 février 2021

Jamais - Bruno Duhamel

     

Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c'est les deux.
Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie.
La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale.
Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

06 février 2021

Le lièvre d'Amérique - Mireille Gagné

  

 
L'organisme de Diane tente de s'adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L'employée modèle qu'elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l'intervention qu'elle vient de subir l'affolent. L'espace dans sa tête se resserre, elle sent du métal à la place de ses os. Tout est plus vif - sa vision, son odorat, sa respiration. (...)
 
Ce roman, une fable animalière néolibérale, s'adresse à celles et ceux qui se sont égarés.

03 février 2021

Voyage au centre de la Terre - Jules Verne

     
 
[...] Alors une invincible épouvante s'empara de mon cerveau et ne le quitta plus. J'avais le sentiment d'une catastrophe prochaine, et telle que la plus audacieuse imagination n'aurait pu la concevoir. Une idée, d'abord vague, incertaine, se changeait en certitude dans mon esprit. Je la repoussai, mais elle revint avec obstination. Je n'osais la formuler. Cependant, quelques observations involontaires déterminèrent ma conviction. À la lueur douteuse de la torche, je remarquai des mouvements désordonnés dans les couches granitiques ; un phénomène allait évidemment se produire, dans lequel l'électricité jouait un rôle ; puis cette chaleur excessive, cette eau bouillante !.... Je voulus observer la boussole. Elle était affolée ! [...] (extrait)
Suite à la découverte d'un manuscrit codé décrivant le moyen de parvenir au centre de la Terre, le jeune Axel est entraîné par son oncle, savant minéralogiste, dans l'une des plus étranges expéditions imaginées par Jules Verne.

15 janvier 2021

Esprit d'ici - Magazine positif

      


Quelle idée de parler de magazines sur ce blog consacré aux livres ?!

Ca, c'est de la faute de de Soukee et de son Challenge Feel Good ! Et je trouve que c'est une très bonne idée. Le thème de ce 9ème rendez-vous du Challenge est donc celui des magazines positifs. J'imagine qu'en nous proposant ce sujet Soukee pensait à des magazines tels que Flow, Happinez ou Respire... Il m'est arrivé d'en feuilleter et d'en acheter, une ou deux fois, mais je n'ai pas accroché.

Alors, sur le thème des magazines positifs, je propose de vous parler d'Esprit d'ici. J'aurais aimé évoquer Jardin d'ici car c'est par lui que j'ai commencé. Mais le magazine a été arrêté après son 13ème numéro, paru en 2018. Je me suis donc tournée vers Esprit d'ici, qui intègre désormais le volet Jardin d'ici. Si j'ai ouvert ces magazines la première fois, c'est pour voir des jardins : ça me donne des idées (que je ne mets jamais en pratique) et cela me détend.

Mais j'y ai découvert plus qu'un magazine. Le talent de cette équipe est entière concentrée dans la qualité des photos.



Il émane de ces pages un souffle de douceur et de poésie dont je suis fan. J'y trouve un espace de tranquillité et matière à ressourcement. C'est un vrai bonheur de plonger dans ces photos et de se laisser emporter par ces univers paisibles.

Ce que j'aime également, c'est la diversité des sujets au sein d'un même numéro. Le magazine est structuré autour de 5 rubriques : Côté jardin / Inspirations créatives / Carnet de cuisine / Passion nature / Dans nos régions. Cette dernière rubrique intègre ce qui était auparavant Patrimoine et culture. Je suis moins sensible à la rubrique Cuisine mais j'adore celle qui évoque la nature et les animaux et les articles patrimoine qui nous parlent des artisans de nos régions (l'art du papier peint, le métier de bouilleur ambulant, la fabrication de marionnettes, l'origine des carrelets de nos côtes...). Le tout servi par des photos splendides qui mettent en valeur le propos des journalistes.




On y découvre enfin des régions, en dehors des grands chemins touristiques, mais plutôt au détour de chemins creux qui nous permettent de croiser mésanges ou belettes. Ce n'est pas dans tous les magazines que l'on parvient à vous donner l'envie d'aller visiter les corons du nord et la cité ouvrière de Bruay-la-Buissière !

En synthèse, Esprit d'ici est pour moi le magazine Feel Good par excellence : un magazine qui m'inspire et qui m'apaise, qui me fait sortir de mon quotidien avec poésie et me donne envie de découvrir mon environnement et la nature. Un magazine qui me fait du bien en somme !


Florilège de photos extraites du magazine Esprit d'ici


Esprit d'ici - Magazine Burda international - Bimestriel - 4,95€ - 121 pages


Vous trouverez d'autres idées de magazines positifs chez Soukee, à Bouquinbourg.


Ma 9ème participation





08 janvier 2021

Entre fauves - Colin Niel

  

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des derniers ours. Mais depuis un an et demi, on n’a plus trouvé la moindre trace de Cannellito, le seul plantigrade avec un peu de sang pyrénéen qui fréquentait encore ces forêts, pas d’empreinte de tout l’hiver, aucun poil sur les centaines d’arbres observés. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. L’histoire des hommes, n’est-ce pas celle du massacre de la faune sauvage ? Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas. Et rien de ce qui s’est joué, quelques semaines plus tôt, en Afrique.

Entre chasse au fauve et chasse à l’homme, vallée d’Aspe dans les Pyrénées enneigées et désert du Kaokoland en Namibie, Colin Niel tisse une intrigue cruelle où aucun chasseur n’est jamais sûr de sa proie.

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Colin Niel a réussi un magistral tour de force avec ce nouveau livre : celui d'avoir réussi à me captiver et me passionner avec une chasse aux fauves en Afrique, au cœur en Namibie, dans le Kaokoland. Comme beaucoup je pense, je suis sensibilisée à la protection de l'environnement, à la défense des espèces, animales et végétales, qui disparaissent pourtant par milliers depuis ces dernières années. Je m'intéresse au devenir de la planète et me soucie du bien être animal. Je mange bio, je limite ma consommation de viande, j'essaye de faire attention aux poissons que je consomme, je privilégie le local et responsable... Je trie, je recycle, j'achète et vrac et je fais ma lessive. Comme beaucoup aussi, malgré tout, j'ai mes contradictions quand il s'agit de traverser la France en voiture pour aller randonner dans les Pyrénées, quand j'aspire à pouvoir retourner en Angleterre ou en Norvège, quand j'accroche mes guirlandes électriques pour Noël à l'extérieur de la maison... Mais j'essaye de faire au mieux.

Je suis surtout horrifiée quand je tombe sur ces photos de gens richissimes qui traversent la planète en avion ou en 4/4 pour aller chasser le lion ou la gazelle et se pavanent sur Facebook avec les photos de leurs trophées. Je me révolte face au trafic d'animaux ou à l'élevage intensif. Je défends a priori la réintroduction des ours en montagne, même si je comprends très bien les craintes des éleveurs. En bref, je me suis forgée des points de vue, qui parfois sont tranchés, d'autres moins affirmés.

Et là, Colin Niel fait tout voler en éclats, avec une maîtrise et un talent qui se confirme de livre en livre. J'ai adoré suivre Apolline en Namibie, en quête du trophée ultime qu'est le roi des animaux, le lion, Charles dans le récit. Ce roman est l'histoire de cette traque, d'une chasse au cœur des paysages authentiques et préservés de l'Afrique. On est parfois aux côtés de la jeune femme, parfois dans l'esprit du lion. Et on suit les pistes, on cherche les traces. On s'approche et on rencontre les fauves bien plus que lors de nos visites au zoo. Apolline est une passionnée, de la nature, d'authenticité, elle a le goût de l'effort... et de la chasse aussi.

De l'autre côté, il y a Martin, garde expérimenté dans le parc national des Pyrénées, qui défend la présence des animaux, l'ours y compris. Martin qui s'enflamme et dépasse les limites dans sa lutte contre les chasseurs et les éleveurs qui voudraient bien voir disparaître cette menace de leurs montagnes. Martin fait partie d'un groupe qui débusque les chasseurs sur internet et les jette en pâture à la vindicte populaire. Il tombe, on s'en doute, sur la photo d'Apolline. Et c'est de ces récits parallèles dont il est question ici.

"La vérité, c’est que sur cette Terre que l’homme n’aurait jamais fini d’abîmer, il existait plus de lions en peluche que de lions vivants. Et c’est certain, un jour on en parlerait comme d’un animal du passé."


Comment vous dire à quel point j'ai été éblouie par ce roman ? Très certainement parce qu'il a réussi à bousculer mes convictions. Je n'ai sans doute pas changé d'avis... mais avoir partagé ces moments intenses, en Afrique ou dans les Pyrénées, transforme forcément. Je me suis fait violence au début, pour essayer de ne pas juger, de ne pas m'exaspérer ou me révolter contre ce qui me semblait un parti-pris pro-chasse. Et puis j'ai fini par lâcher prise et me laisser emporter par le récit. Ce roman est intense par la tension qui naît de la chasse, et qui monte au fur et à mesure que les chasseurs se rapprochent de leurs proies. Si, dans la première partie du récit, on découvre des univers exotiques, des personnages aux caractères bien trempés, des quotidiens, dans les montagnes ou la savane, on bascule ensuite dans le roman noir qui happe le lecteur et l'emporte, en apnée, jusqu'à la dernière page. J'ai englouti le dernier tiers de ce roman de 350 pages d'une traite. Pour un final... époustouflant et très malin !

J'ai découvert Colin Niel grâce à la Librairie Lise&moi qui l'avait invité à présenter ses romans. J'avais été passionnée par son discours sur ses récits qui se déroulent en Guyane. Il nous fait découvrir un pays, un univers, des personnages, en plongeant au plus profond des réalités. Ma sensibilité de "sociologue" se passionne par ces approches. J'avais lu Ce qui reste en forêt qui m'avait enthousiasmée. Mais j'ai découvert Colin Niel avec Seules les bêtes, qui navigue cette fois entre le massif central et l'Afrique, et qui fut un réel coup de cœur. L'auteur a ce talent de réussir à nous attirer et nous plonger dans des univers si lointains, si surprenants ; il sait attiser notre curiosité.

Bref, je vais en rester là... mais ne passez pas à côté de cet auteur. Ni de ce roman, particulièrement riche et qui suscite aussi la réflexion.

Entre fauves - Colin Niel
Editions du Rouergue - septembre 2020 - 336 pages


Vous pouvez aussi découvrir l'interview de l'auteur sur Babelio et découvrir les avis de Mots pour mots, Tant qu'il y aura des livres, ou des livres de k79.




06 janvier 2021

Le jardin de rose - Hervé Duphot

 


S'échapper de cette affreuse cité, voilà ce dont rêve Françoise.
Un travail, c'est sûr, ça pourrait aider. Mais à son âge, le boulot, ça court pas les rues.

Alors le jour où son amie Rose
lui propose de s'occuper de cette parcelle de jardin,
elle y voit une belle occasion de s'essayer à autre chose
et de prouver ce dont elle est capable.

Après tout, ça ne doit pas être bien compliqué.

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Cette bande dessinée est sortie le 4 mars 2020. A la veille du confinement. Je ne sais pas si ces circonstances ont été un atout ou un inconvénient, mais pour moi cet album résonnait à merveille avec ce que je vivais en ce début de printemps, quand mes libraires habituelles en ont parlé sur leur page Facebook. Une période trouble, inquiétante aussi, une explosion de la charge de travail pour faire face à tout cet imprévu… mais aussi un repli sur soi, sur la famille et les choses essentielles, le temps radieux, des week-ends apaisés où il n'est plus question de courir d'activités en activités, de sorties en supermarchés… Cette envie irrépressible de prendre du temps pour soi et ceux qu'on aime, de profiter du beau temps et du jardin, de regarder les fleurs s'épanouir et commencer les premiers semis… J'ai redécouvert mon jardin à cette période. Et j'ai même retrouvé le temps de me poser dans ma chaise longue, avec un plaid et un thé, pour lire un peu.

Alors quand j'ai découvert cette couverture, avec ces traits de crayon si subtiles et enrobants, chaleureux, ces couleurs douces et paisibles, j'ai eu envie de me plonger dans ses pages. J'adore ces albums qui sortent depuis quelques années pour nous parler des jardins, souvent ces jardins des villes au cœur desquels naissent des amitiés et des passions, une vie en communauté depuis longtemps oubliée. On retrouve cet esprit des jardins ouvriers où les familles se retrouvaient le week-end pour semer, biner, sarcler… discuter, jouer et trinquer aussi. On y parle de vies simples et de grands rêves d'une existence qui prend sens et revient à l'essentiel.

C'est ce que l'on trouve dans ce magnifique roman graphique. Françoise est emprisonnée dans son appartement d'une triste cité comme il en existe tant, honorant ses rendez-vous inutiles à Pôle emploi et attendant que son mari rentre du travail. Une triste cité que l'on traverse aussi vite que possible, sans s'arrêter discuter, pour éviter de se faire ennuyer. Françoise se sent bien seule et sa vie est bien triste aussi.

Jusqu'au jour où il lui est donné l'opportunité de s'occuper du jardin d'une amie, Rose, qui s'est cassée la jambe. Françoise découvre alors le plaisir de jardiner, de construire et entretenir, elle qui n'avait pourtant pas la main verte. Elle savoure aussi ces escapades secrètes, cachées à son mari pour préserver cet îlot de sérénité et de douceur. Elle s'y fait des amis et retrouve le plaisir d'être appréciée pour ce qu'elle est et de n'être pas toujours celle qui doit s'occuper des autres, aux fourneaux ou dans l'entretien du foyer. Françoise sort et prend l'air, gagne en autonomie et en indépendance, en joie, simplement.

 



J'ai beaucoup aimé ce récit, tout en douceur et plein d'humanité. J'ai adoré le dessin, doux et un peu flou, aux couleurs tendres et délicates comme des pousses de printemps. Soukee nous invitait à partager une BD positive pour le 4ème rendez-vous de son Challenge Feel Good : j'ai immédiatement pensé à ce roman graphique. Vous ressortirez apaisés et requinqués de cette lecture douceur.


Le jardin de rose - Hervé Duphot
Editions Delcourt, 4 mars 2020, 112 pages





La BD de la semaine revient, chez Moka


04 janvier 2021

Tout réussir sans stresser grâce à la méthode ZTD - Léo Babauta



Vos to-do lists s'allongent et se multiplient ? Vous ne parvenez jamais à faire ce que vous aviez prévu et n'arrivez à profiter de rien ? La méthode ZTD (Zen To Done) est faite pour vous ! Système d'organisation à la fois simple et efficace, elle vous permettra de mieux structurer vos journées pour vous concentrer sur l'essentiel, de réaliser enfin vos projets et, surtout, de vous épanouir dans ce que vous faites.
Dans cet ouvrage :
  • pourquoi la méthode ZTD et comment ça marche ? ;
  • 10 habitudes essentielles à mettre en place pour être plus productif tout en étant moins stressé ;
  • toutes les astuces pour instaurer une nouvelle habitude et s'y tenir vraiment.
Vous rêvez de journées mieux remplies et plus épanouissantes ? Adoptez la méthode ZTD !

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Je cherchais  un livre de développement personnel à vous présenter pour ce troisième rendez-vous du Challenge Feel Good proposé par Soukee. J'en ai tout un tas : je suis prise régulièrement par une frénésie d'achat de livres de développement personnel.


J'ai d'abord commencé, il y a déjà de nombreuses années, par des titres sur la gestion du stress, le yoga et la relaxation puis j'ai enchainé sur le rapport au corps et au poids. J'ai ensuite découvert la communication non violence et la psychologie positive, en grande partie dans mon rapport à la maternité. Puis la gestion des émotions, pour ma fille d'abord, et pour moi avec le lâcher prise, les accords toltèques pour toute la famille… Et dernièrement, les outils de maîtrise de l'organisation et du temps d'un point de vue professionnel. C'est de ces dernières découvertes que je souhaite vous parler : car ce sont aussi les livres dont j'ai tiré le plus d'enseignements et que je mets le plus en application.

Le livre de Léo Babauta est le premier que j'ai lu en matière d'organisation et de gestion des priorités. J'ai creusé ensuite la gestion du temps. L'objectif de ces lectures était de réussir à en faire toujours plus dans une journée qui ne comptera jamais plus de 24h, dont une moyenne de 11 à 12h au bureau (12h grâce au télétravail qui permet d'éviter les temps de trajet : quelle belle idée !).

Bref, comme l'annonce la 4ème de couverture, j'étais arrivée au bout de mes piles de listes qui se cumulaient sur mon bureau grâce aux post-it, dans mes cahiers ou carnets de notes, dans mon agenda électronique et, beaucoup aussi, dans ma mémoire (à laquelle je me fie pourtant très peu). J'arrivais au boulot le matin sachant très bien que j'avais des tonnes de choses à faire mais n'ayant aucune vision des priorités, des choses rapides ou de celles qui nécessitaient un travail de fond et de pouvoir y consacrer une vraie demi-journée. Ajoutez là-dessus les mails qui arrivent en masse toute la journée… et je n'étais pas loin d'être noyée. Le soir, en repartant, je n'avais pas la vision très claire de ce que j'avais fait et de ce qui restait dans ma to-do list.

Heureusement pour moi, je suis d'un tempérament plutôt détendu et il m'en aurait encore fallu plus avant de craquer. Finalement, je m'en sortais toujours, mais au prix parfois d'horaires extensibles, de soirées passées au bureau quand ma fille m'attendait à la maison, ou de dossiers rapportés à la maison pour le Week-end. J'ai donc décidé de me prendre en main et de trouver LA méthode révolutionnaire qui me permettrait d'être plus sereine. C'est ce que promet ce livre.

C'est le premier que je lisais sur le sujet, mais aux dires de l'auteur lui-même, il ne semble pas qu'il soit révolutionnaire puisqu'il reprend beaucoup aux méthodes Getting Things Done de David Allen et Les 7 habitudes de ceux qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent, de Stephen Covey. Léo Babauta en a repris les meilleures idées, et complété avec les enseignements tirés de sa propre expérience. Son livre m'a semblé très efficace, allant droit à l'essentiel. Il nous présente 10 habitudes à prendre, progressivement et non toutes à la fois, qui doivent nous permettre de nous sortir de cette avalanche de tâches, mails, dossiers, missions, projets… qui s'accumulent chaque jour. La première de ces habitudes étant de collecter toutes les informations en un seul et même endroit. Les deux suivantes consistent à traiter immédiatement ce qui peut l'être facilement sans prendre trop de temps et de planifier le reste (sans attendre de trouver miraculeusement les heures libres pendant lesquelles on pourra caser ce qui nécessite de vraiment se poser). Si on ne planifie rien, la nature ayant horreur du vide, l'agenda viendra vite combler les trous et les collègues seront trop heureux d'utiliser les créneaux encore libres.

Ces 3 premières habitudes semblent une évidence : c'est un peu l'impression que j'ai eu en le lisant. Sauf que je ne les appliquais jamais me laissant trop vite déborder et absorber par tout ce qui prend peu de temps et n'ayant jamais pu planifier ce qui nécessite plus de temps… sauf le soir à partir de 18h quand les agendas se libèrent et que les collègues quittent leurs bureaux. Je vous ai trouvé un schéma synthétique de la méthode proposée dans ce livre :




Et alors, le résultat me direz-vous ?

J'ai bien mis en application la première moitié des habitudes et cela m'a effectivement libéré l'esprit. Sauf que depuis, je me suis de nouveau faites débordée, le télétravail étant passé par là et les outils que j'utilisais pour collecter toutes les entrées ne sont plus vraiment adaptés. J'ai essayé de passer du cahier / carnet à spirales à OneNote mais la version gratuite manque de certaines fonctionnalités. J'ai demandé la version payante à mon employeur : je testerai en janvier.

Quoi qu'il en soit, ce livre me paraît être une bonne porte d'entrée pour réfléchir à son organisation. La mise en page est aérée, facile à suivre et à lire, très structurée grâce aux puces et listes numérotées : des consignes bien énoncées se comprennent facilement et peuvent être aisément mises en application. Les idées sont simples et efficaces. A tester d'urgence !
A vous en parler, j'ai très envie de m'y replonger pour repartir en 2021 sur de bonnes bases. Parce que le développement personnel passe aussi par l'épanouissement au travail.


Tout réussir sans stresser grâce à la méthode ZTD (Zen To Done) - Léo Babauta
Editions Alision - Vie professionnelle, 31 janvier 2019, 192 pages



Mon 3ème billet du Challenge Feel Good 2021


10 août 2020

La vie quand elle était à nous - Marian Izaguirre

 

Madrid, 1951. Lola regrette le temps où son existence était peuplée de promesses et d'illusions, de livres et de discussions enflammées, d'amour et de projets pour bâtir une Espagne démocratique. L'espoir de 1936. Il ne lui reste de cette époque qu'une petite librairie dans les ruelles sombres d'un quartier de Madrid. C'est là que Lola fait la connaissance d'Alice, une Anglaise dont elle partage la passion pour la littérature. Intriguée par un livre en vitrine, Alice entraîne Lola dans une lecture singulière et bouleversante de La Fille aux cheveux de lin, l'histoire de Rose, soupçonnée d'être la fille du duc d'Ashford. Lola et Alice l'ignorent encore, mais cette histoire pourrait bien lier leur destin pour toujours...
« La vie quand elle était à nous célèbre l'amitié, la complicité féminine et la littérature, devenue un refuge dans une époque troublée. » El País

05 mai 2020

Tous les vivants - C.E.Morgan

 

Orren et Aloma sont deux âmes à vif, deux jeunes êtres à fleur de peau. Elle est orpheline, élevée dans une école missionnaire catholique et dotée d'un talent rare pour le piano. Il est fils de fermiers, fier et taciturne. Ils sont amoureux et leur vie bascule le jour où la famille d'Orren meurt dans un accident de voiture, le laissant responsable d'une vaste plantation de tabac, d'une terre aride et d'une maison silencieuse où flotte encore la présence des êtres disparus. Livrée à elle-même dans ces lieux si peu familiers au cœur des montagnes du Kentucky, Aloma devra trouver sa place dans cette nouvelle vie, déchirée entre son désir de conserver sa liberté de femme et la nécessité de se soumettre aux engagements du couple. Tous les vivants a la puissance évocatrice d'une parabole et le charme intemporel d'un conte. C. E. Morgan y dresse un remarquable portrait de femme, intime et saisissant, et dépeint avec une éclatante justesse le processus d'enracinement des êtres au sein d'une terre et d'une famille.

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01 mai 2020

Une bête au paradis - Cécile Coulon

 

La vie d’Émilienne, c’est le Paradis. Cette ferme isolée, au bout d’un chemin sinueux. C’est là qu’elle élève seule, avec pour uniques ressources son courage et sa terre, ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Les saisons se suivent, ils grandissent. Jusqu’à ce que l’adolescence arrive et, avec elle, le premier amour de Blanche, celui qui dévaste tout sur son passage. Il s’appelle Alexandre. Leur couple se forge. Mais la passion que Blanche voue au Paradis la domine tout entière, quand Alexandre, dévoré par son ambition, veut partir en ville, réussir. Alors leurs mondes se déchirent. Et vient la vengeance. Une bête au Paradis est le roman d’une lignée de femmes possédées par leur terre. Un huis clos fiévreux hanté par la folie, le désir et la liberté.

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08 avril 2020

Le puits - Ivan Repila


 


Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d'un puits de terre, au milieu d'une forêt. Ils tentent de s'échapper, sans succès. Les loups, la soif, les pluies torrentielles : ils survivent à tous les dangers. A leurs côtés, un sac de victuailles donné par la mère, mais ils ont interdiction d'y toucher. Jour après jour, le Petit s'affaiblit. S'il doit sauver son frère, le Grand doit risquer sa vie. Le Petit sortira-t-il ? Le Grand survivra-t-il ? Comment surtout se sont-ils retrouvés là ? Le Puits est un conte brutal à la fin cruelle et pleine d'espoir. Une fable sur l'amour fraternel, la survie et la vengeance, un roman « qui a mérité sa place au panthéon des Jules Verne, Alain-Fournier et autres Antoine de Saint-Exupéry, selon Zoé Valdés. Un roman indispensable, alors que beaucoup d'entre nous avions déjà annoncé la défaite de l'imagination contre la quotidienneté médiocre et étriquée ».

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05 décembre 2019

Les choses humaines - Karine Tuil

 


Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l'abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage ?