samedi 24 juin 2017

Babylone - Yasmina Reza

Je ne sais pas à quoi je m'attendais avant de lire de roman, mais certainement pas à ça ! Je n'avais jamais lu Yasmina Reza auparavant, mais sans doute les sonorités de son nom et le titre du roman m'ont égarée. J'étais partie très loin, dans des contrées exotiques, mêlant le bruit, la lumière, les couleurs et les parfums de l'orient... Bien loin de la banlieue parisienne où l'auteur nous conduit. J'ai été surprise. Mais jamais déçue. La fantaisie, l'humour, la plume de l'auteur m'ont plongée dans le quotidien de deux familles voisines résidant dans un même immeuble où l'irrémédiable finit par se produire.

Babylone - Yasmina Reza.
Editions Flammarion, 31 août 2016, 218 pages.



Présentation de l'éditeur :

Tout le monde riait. Les Manoscrivi riaient. C'est l'image d'eux qui est restée. Jean-Lino, en chemise parme, avec ses nouvelles lunettes jaunes semi-rondes, debout derrière le canapé, empourpré par le champagne ou par l'excitation d'être en société, toutes dents exposées. Lydie, assise en dessous, jupe déployée de part et d'autre, visage penché vers la gauche et riant aux éclats. Riant sans doute du dernier rire de sa vie. Un rire que je scrute à l'infini. Un rire sans malice, sans coquetterie, que j'entends encore résonner avec son fond bêta, un rire que rien ne menace, qui ne devine rien, ne sait rien. Nous ne sommes pas prévenus de l'irrémédiable.

Babylone a reçu le prix Renaudot 2016.


Ma lecture :

Le lecteur découvre l'irrémédiable page 78, à savoir le meurtre de la voisine, assassinée par son mari après une soirée un peu trop arrosée chez les voisins du dessous, Pierre et Elisabeth. Cela pourrait constituer le point de départ d'un polar classique, sauf que dans ce roman, rien n'est classique ! Le meurtre de Lydie d'abord, qui survient sans que l'on sache bien ce qui a pu le provoquer. Ou plutôt si, mais cela semble si peu que l'acte paraît incongru, décalé avec les enjeux de la situation. Et puis il y a les réactions, du meurtrier d'abord et des voisins ensuite, Pierre et Elisabeth. Tous trois se trouvent embarqués dans une situation des plus surprenantes, improbable, chacun adoptant une posture extravagante en pareille circonstance. Et les évènements s'enchaînent à la manière d'un polar où le lecteur attend impatiemment le dénouement. Sauf que, comme dans les Colombo, la question n'est pas ici de savoir qui est le coupable, mais plutôt si, et comment, celui-ci va se faire prendre.

Yasmina Reza dissémine également dans son récit des éléments d'une analyse sociale, et sociologique, à travers ce petit groupe d'amis réunis pour une soirée, où les voisins du dessus sont aussi conviés et apparaissent en marge, se rendant trop voyants en espérant passer inaperçus, attirant à eux toutes les lumières là où ils auraient voulu faire figure d'un couple ordinaire parmi les autres. Elle nous offre un regard acide sur la situation de Pierre et Elisabeth, seuls malgré leurs amis, invitant et organisant une soirée plus pour le geste que pour le plaisir de la compagnie des autres.

Ce roman m'a prise par surprise, me transportant rapidement de Babylone à Paris d'abord, puis me plongeant dans cette aventure des plus loufoques, prenant comme point de départ cette réaction décalée qui conduit à un enchaînement de situations surprenantes. Je ne pense pas que j'en garderai de grands souvenirs, parce que si l'intrigue est originale, il manque un petit quelque chose qui pourrait la rendre réaliste. J'ai aimé néanmoins être ainsi bousculée par l'auteure.

Pour vous faire une idée plus précise, je vous invite à lire les avis de Archie, Charlit ou encore Marie.


13ème titre





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