Auteur : Carlos Ruiz Zafon
Titre : Marina
Poche : 283 pages
Editeur : Pocket
Sortie janvier 2012
Une lecture divertissante.
Présentation de l'éditeur :
Interne
au pensionnat, Oscar aime faire le mur, errer dans les rues désertes,
les pinèdes, les villas d'un quartier laissé à l'abandon. Il suffira
d'un chat et d'une montre en or pour qu'il bascule au pays des
merveilles. Un royaume hanté par des amours mortes, un savant fou et les
fantômes de Gaudi. Une Barcelone de rêve et de cauchemar, de théâtre et
de cimetière, souterraine et baroque, d'où seul s'évadera le souvenir
de son guide : l'inoubliable Marina...
Ma lecture :
Cela faisait un moment que j'avais ce titre dans ma PAL et j'avais hâte de me plonger dans cette histoire, ma lecture de " L'ombre du vent"
m'ayant laissé un excellent souvenir. Le challenge de Philippe en a un
peu précipité ma lecture. Et ce fut une belle découverte.
Sagrada Familia - Barcelone |
Le livre a été lu dans les délais imposés par le challenge... mais le billet a un peu tardé effectivement.
J'ai commencé cette lecture avec le souvenir vivace de " L'ombre du vent",
le premier roman de Carlos Ruiz Zafon paru en France. Et j'avoue que
cette référence ne m'a pas aidée à entrer dans l'histoire. J'avais le
sentiment de me retrouver dans le même Barcelone, avec une atmosphère
très proche, mais décrite de façon beaucoup moins subtile.
"La nuit tombait et l'endroit me parut quelque peu sinistre. Il y régnait un silence mortel : seule la brise chuchotait un avertissement sans paroles. Je compris que j'étais entré dans un de ces zones "mortes" du quartier. Je décidai que le mieux serait de revenir sur mes pas et de rentrer au collège. J'en étais à hésiter encore entre le bon sens et la fascination morbide que ce lieu exerçait sur moi, quand j'aperçus deux yeux jaunes qui brillaient dans l'ombre, plantés sur moi comme des poignards. Ma gorge se serra." (Marina, Carlos Ruiz Zafon, Editions Pocket, page 16)
J'ai
souligné délibérément les termes contribuant à définir l'atmosphère du
livre. Ce n'est qu'un paragraphe, mais ce procédé se retrouve partout
dans les premiers chapitres du livre. Et j'ai failli en faire un
indigestion. J'ai trouvé le style beaucoup trop pesant. J'ai eu le
sentiment de devoir entrer dans l'ambiance du livre à marche forcée. Le
fait de retrouver comme personnage central de l'histoire un adolescent,
Oscar, comme dans "L'ombre du vent", m'a également déçue. Je ne suis pas
particulièrement réceptive aux romans jeunesse et j'ai eu l'impression
de retrouver le jeune héros de ma précédente lecture.
Le récit cependant, l'histoire en elle-même plutôt facile, puis l'arrivée des personnages de Marina et German,
plus consistants et moins juvéniles, avec leur part d'ombre et de
mystère, m'ont incitée à poursuivre ma lecture. Et je n'ai pas tardé à
me prendre réellement au jeu ! Il y a tout d'abord, je l'ai dit, Marina
et son père, German, dont l'existence révèle une part de mystère qui m'a fait revivre des émotions ressenties devant Sixième Sens,de
M. Night Shyamalan avec Bruce Willis. Je m'attendais réellement à un
dénouement de ce genre, jusqu'à l'apparition de Mihaïl Kolvenik,
personnage trouble dont on ne parvient réellement à saisir totalement le
caractère.
Et là, j'ai eu le sentiment de plonger dans Le fantôme de l'Opéra, roman fantastique de Gaston Leroux. Tout y est me semble-t-il : le suspens et l'enquête menée par nos deux jeunes héros, l'omniprésence du fantastique, la musique
et l'opéra, la jeune première et l'homme blessé, souffrant, déformé,
l'enfermement dans un théâtre coupé du monde, la menace et la peur... Je
ne me souviens plus de la fin du livre de Gaston Leroux, mais ici, elle
est à la fois grandiose et cruelle, triste et douloureuse.
J'ai
beaucoup aimé le climat de ce livre, qui après quelques pages un peu
lourdes parvient à se diffuser plus subtilement ; le personnage de
German très profond et sincère ; et finalement Oscar, qui prend de
l'épaisseur au fil du récit ; ce mélange d'émotions et d'angoisse...
Une lecture très sympathique (sans valoir, vous l'aurez compris, L'ombre du vent").
Barcelone Gothique |
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Une lecture que je rattache au challenge "Lire sous la contrainte" de Philippe puisque c'est lui qui en est à l'origine, et qui me permet d'entamer le challenge proposé par Céline dans son Café littéraire sur Les capitales du monde 2012-2013 : Barcelone.
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