samedi 4 février 2017

Extermination des cloportes - Philippe Ségur


2ème lecture pour le rendez-vous de février du Club des lecteurs/trices de la librairie Lise&moi avec ce titre de la maison d'édition Buchet Chastel au titre pour le moins mystérieux. Je découvre ici un auteur et une maison d'édition. Je ne pense pas, en effet, avoir jamais lu un titre de chez Buchet Chastel. L'objectif de notre libraire avec ce titre était de nous faire découvrir une maison d'édition, et de nous faire sourire. Plongée donc dans ce monde de cloportes, qui, je vous rassure, n'ont rien à voir avec ces affreuses petites bêtes, parfaitement inoffensives, mais peu ragoûtantes...

Extermination des cloportes - Philippe Ségur.
Editions Buchet Chastel, janvier 2017, 288 pages.



Présentation de l'éditeur :

En dehors de sa passion pour sa femme Betty, Don Dechine a un but dans la vie : écrire. Seulement voilà, pas facile d’écrire un roman fracassant quand on est prof de lycée et qu’après les avanies de la journée, il faut encore affronter un voisin pas content, les tracas de la copropriété, le harcèlement fiscal et les PV pour stationnement interdit. Rien de plus normal, pour se détendre, que de consacrer ses soirées à l’intégrale des sept saisons de Soprano. Sauf que ça n’aide pas non plus à trouver la fortune et la gloire littéraire.

Il y aurait bien une solution : tout plaquer pour aller vivre à la campagne. Comme l’explique Don Dechine, il n’y a que dans la nature qu’on peut valablement produire un chef-d'œuvre. Armés d’une confiance et d’un humour à toute épreuve, Betty et lui vont donc se lancer dans la quête de la maison idéale, tenter de se débarrasser d’un appartement invendable et se perdre dans un monde inconnu et atroce : la jungle impitoyable de l’immobilier.

Une sacrée aventure quand on est un futur génie de la littérature et qu’on se réveille un matin avec un cloporte dans l’œil ! 



Ma lecture :

C'est de vous et moi dont il est question dans ce livre. Enfin, de moi, un peu, c'est sûr. Au moins dans les réjouissants premiers chapitres de ce livre. Imaginez donc, un couple, ici sans enfants mais je suis sûre qu'il en serait de même s'ils avaient une progéniture. Un couple qui rêve de réussites, dans ses études pour l'une et dans une hypothétique carrière d'écrivain pour l'autre. Seulement voilà, quand ce couple a du temps libre, le soir ou le dimanche, l'énergie est rarement au rendez-vous et ils se retrouvent confortablement installés devant la télé, à ingurgiter des épisodes de la série Les Soprano. Le lendemain matin, au réveil, quelle déprime ! Quelle fatigue !!! Et l'engagement de ne pas recommencer le soir : "promis, ce soir, je me couche tôt". C'est un peu notre quotidien ici, en rentrant, tard, du boulot, difficile de trouver l'énergie de s'atteler à quelque chose de plus gratifiant. Même le matin, quand le réveil sonne, on regrette déjà de s'être couchés si tard.

Bon, le parallèle s'arrête ici, enfin pour moi (et j'espère pour vous également). Parce que Don et Betty sont aussi confrontés à des relations de voisinage plutôt particulières. Comme tous les heureux occupants d'un appartement, je me suis retrouvée dans les descriptions de ces difficiles relations entre copropriétaires (contente d'en être sortie), même si dans ce roman, Philippe Ségur pousse le bouchon vraiment très loin. Et c'est ce qui fait la réussite de cette lecture : partir de situations banales, ordinaires, et les grossir au point de les rendre totalement loufoques et surréalistes.

Le personnage de Don Dechine est particulièrement bien croqué, voulant donner l'illusion du mâle, virile et macho (je l'ai trouvé épouvantable de condescendance avec sa femme) alors qu'il est parfaitement incapable de prendre une vraie décision et d'affirmer ses choix. Don Déchine est aussi confronté à une maladie dégénérative des yeux qu'il ne prendra jamais en compte, refusant de se considérer comme malade et potentiellement diminué. Nous assistons dans ce livre à l'évolution de cette maladie, fortement invalidante pour un futur prix Nobel...

"Je me suis interrompu. La puissance de ma théorie me stupéfiait. La puissance de mon cerveau me stupéfiait. J'étais un médium, j'étais comme possédé. Un esprit confondant s'exprimait par ma bouche. Je ne croyais pas à toutes ces foutaises. Cependant, peu importait que je ne connaisse rien à la sociologie, à la géographie, à la ville, aux riches et aux pauvres, tout cela, vrai ou faux, s'agençait dans mes phrases d'une manière fulgurante et géniale. Nom de Dieu, je parlais comme ces types à la télévision, ces intellos qui savent tout et causent de tout sans vergogne." (Extermination des cloportes - Philippe Ségur - Edition Buchet Chastel - janvier 2017 - page 65)

A me lire vous pouvez vous dire qu'il s'agit d'une bonne idée de lecture, pleine d'humour et de fantaisie. Et c'est vrai... mais seulement sur le premier tiers du livre (et encore, cela doit dépendre de l'humour de chacun). Après, les ressorts utilisés par l'auteur deviennent répétitifs, l'histoire se traîne, manque de dynamisme et de rythme. Le récit, chronologique, est trop linéaire à mon goût, il m'a manqué des rebondissements. Même la fin n'apporte aucune surprise : le récit aurait pu continuer ainsi indéfiniment. J'ai fini par m'ennuyer. Et j'en suis très déçue puisque j'avais été enchantée par le début, partageant chaque bonne trouvaille avec mon conjoint. Peut-être que 100 pages de moins auraient été suffisantes.

Pour vous faire une opinion, je vous invite à lire les avis de Stelphique, Les pages qui tournent, Mes belles lectures, ou encore de Cunéipage.



2ème lecture RL janvier 2017





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