mardi 30 juin 2015

Retour à Watersbridge - James Scott

Avec ce billet, j'essaye de rattraper mon retard de ces derniers mois : peu de lectures, mais encore moins de billets... L'activité de ce blog est allée décroissante au fur et à mesure de l'allongement des journées. Est-ce parce que le solstice d'été est derrière nous que je reviens m'enfermer devant mon ordinateur ? Pas sûre. Quoi qu'il en soit, je vais tenter ici de vous donner un avis sur ce roman lu il y a déjà plus de deux mois. Ce "policier" qui n'en est pas vraiment un faisait partie de la sélection du mois d'avril du club de lecteurs de la Libraire Lise & moi.
Ce récit m'a fortement fait penser à un autre texte proposé par le club de lecteurs, celui de Charles Frazier, "A l'orée de la nuit" : l'Amérique et ses grands espaces, la violence des relations humaines, l'amour, qui ne s'exprime pas, le suspens également.


Présentation de l'éditeur :

Hiver 1897. Une sage-femme regagne sa ferme dans le nord de l’État de New York, chargée de cadeaux pour les siens. L’y attendent les corps ensanglantés de son mari et de ses enfants gisant dans la neige. Seul Caleb, 12 ans, a échappé au massacre : il a tout vu de la grange où il s’était réfugié parmi les animaux. Mère et fils abandonnent ce qu’il reste de leur foyer pour s’engager au cœur d’une contrée hostile et glacée à la poursuite des trois tueurs aux foulards rouges. Au fil de la traque, traversée d’épisodes d’une violence sèche et brutale contrastant avec la luminosité et le silence des étendues poudreuses, on comprendra que leur soif de vengeance repose sur une imposture…
Le mensonge, le poids du péché et la nature des liens du sang sont les catalyseurs troublants de cette équipée sauvage doublée d’un roman d’apprentissage.

Ma lecture :

Ce que j'aime dans les romans nord américains, enfin, ceux que j'ai pu lire à ce jour, c'est la place laissée par les auteurs à l'environnement. La nature, à la mesure des États-Unis, est grandiose, forte, excessive. C'est ce contexte que l'on retrouve dans ce roman, dès le début, où l'on rencontre Elspeth en pleine tempête de neige, sur le chemin qui la ramène chez elle après de longues semaines d'absence. J'aime beaucoup cette image des États-Unis où une famille peut vivre ainsi isolée au milieu de nulle part, en parfaite autarcie. J'aime cette image de ce grand pays en perpétuel développement, en cette fin du XIXème siècle, où tous les rêves sont permis et où se construit le monde d'aujourd'hui.

Mais dans ce roman, l'isolement n'est pas synonyme de quiétude ou de paix. Il est le moyen de se cacher du monde et de protéger un secret que le lecteur ne tardera pas à découvrir. Ce secret tourne autour de la maternité et de l'amour que portent Elspeth et son mari à leurs enfants. Si le lecteur découvre vite de quoi il retourne, il n'en est pas de même de Caleb qui s'engagera aux côtés de sa mère dans cette traque des hommes qui ont tué sont père et ses frères et sœurs. Sous la forme d'un voyage initiatique, Caleb et sa mère traverseront des épreuves et feront des rencontres qui les transformeront.
"Amos grandit, en même temps que les nuages qui assombrissaient les pensées d'Elspeth. Elle le berçait parfois violemment, dans une tentative désespérée pour faire renaître les sensations du début - la chaleur du bébé contre sa poitrine, la quiétude procurée par la contemplation du paysage derrière la fenêtre." (Retour à Watersbridge, James Scott, Ed. Seuil, Février 2015, page 57)

Si l'intrigue de départ était très prometteuse, je me suis un peu lassée par la suite : des scènes qui se répètent, des digressions qui semblent parfois nous éloigner du but à atteindre. Le roman est pourtant très riche, la plongée historique intéressante, mais ces répétitions sont un frein au rythme du récit. Le dénouement ne m'est pas non plus paru à la hauteur des enjeux perçus au début du roman. Tout est présent dans ce premier roman d'un auteur dont on pourra attendre beaucoup désormais. Mais ce premier roman contient aussi des longueurs, des redites, un certain déséquilibre entre les scènes, qui font que je reste un peu sur ma faim. C'est dommage car tous les ingrédients y étaient. Un auteur à suivre néanmoins.

Commerce de la glace aux Etats-Unis, florissant à la fin du XIXème siècle

  Retour à Watersbridge de James Scott.
Éditions du Seuil, coll. Policiers, 5 février 2015. 400 pages.


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Je vous invite à découvrir d'autres avis chez l'oncle Paul, Yan, BMR ou encore Bob.

Il s'agit donc d'un premier roman et d'un titre de la rentrée littéraire d'hiver.

http://fattorius.over-blog.com/2015/01/defi-premier-romain-ca-continue-en-2015.html    http://micmelo-litteraire.com/challenge-rentree-hiver-2015-la-page/






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