lundi 10 mars 2014

Tartes aux pommes et fin du monde - Guillaume Siaudeau


Auteur : Guillaume Siaudeau
 Titre : Tartes aux pommes et fin du monde

Broché :  150 pages
Editeur : Alma
  Edition : 14 août 2013

Un début prometteur mais...
 



Présentation de l'éditeur :

Alors qu’une caissière s’échine à trouver le code-barres sur une boîte de maquereaux, un garçon et une fille tombent en amour. Celui-ci s’attache à un collègue en manutentionnant des palettes de conserves pour animaux et remercie la propriétaire de son studio pour la tarte aux pommes qu’elle lui apporte. Sa nature contemplative a bien compris que les chiens ne volent pas, même avec des ailes en carton, que la chute des corps est inévitable – comme les claques dont son père n’était pas avare. Il ignore encore ce qu’on peut habilement faire avec un revolver…

Ma lecture :

C'est ici ma troisième lecture dans la liste concoctée par ma bibliothèque sur le thème des premiers romans. En me tendant ce livre, la bibliothécaire m'a indiqué qu'il s'agissait d'un très bon livre. Si les premières pages sont effectivement réussies, pleines de légèreté et d'humour, j'avoue ne pas vraiment partager son point de vue. Je n'ai pas bien cerné le sens qu'a voulu donner l'auteur à ce récit.

Le narrateur est un jeune homme solitaire qui ne semble pas intéressé par grand chose. Il vit dans un univers limité, entre son studio, son boulot, sa famille, ou plutôt les souvenirs qu'il en a, et son supermarché. C'est là qu'il rencontre Alice, une jeune femme dont il tombe amoureux. Les premières pages sont attirantes, pleines d'humour et de poésie. On perçoit de la tristesse et peut-être quelques regrets dans les mots du narrateur. Le garçon semble un peu simple mais la façon dont il nous raconte son histoire n'est pas banale.

"Alors il a pris Bobby [le chien] dans ses bras, s'est approché du bord, et l'a jeté du haut de la falaise en murmurant "Maintenant envole-toi, Bobby". Non seulement Bobby ne s'est pas envolé, mais il s'est écrasé en bas à une vitesse impressionnante. Papa aurait pourtant dû savoir que Bobby ne savait pas voler."
Tartes aux pommes et fin du monde - Guillaume Siaudeau - Ed. Alma, page 16.

Le début de ce livre m'a fait penser à L'étranger, d'Albert Camus, avec l'humour, subtil, en plus. Le jeune homme est seul, semble un peu candide. Il subit les évènements et les interprète de façon décalée.

"J'aime bien les poissons, et c'est toujours un sacrifice de me séparer de ces bestioles en les vendant aux touristes. Ils avaient pourtant la gueule ouverte lorsqu'on arrivait à quai, mais dans les yeux de poissons morts je pouvais décrypter pas mal de choses."
 Tartes aux pommes et fin du monde - Guillaume Siaudeau - Ed. Alma, page 31.
 Mais un jour, Alice l'abandonne, sans raisons apparentes, et c'est le début des problèmes pour le narrateur. Il cherche le réconfort dans la présence continuelle et le contact physique avec "un flingue" qu'il part acheter on ne sait pas bien pour quelle raison. A plusieurs reprises le narrateur évoque la dépression, mais rien dans ses pensées ou dans ses actes ne traduisent cet état en dehors de cette arme qui lui sert de béquille, de réconfort. On perçoit à plusieurs moments qu'il est prêt à passer à l'acte, mais il en reste là. Sans que l'on sache bien non plus pourquoi. Alors que c'est la chaleur qui semblait guider l'Etranger de Camus, jusqu'au passage à l'acte d'ailleurs, c'est ici un courant d'air frais qui sauve notre narrateur.

Au seuil de l'éternité (1890) - Vincent Van Gogh


Si j'ai trouvé le récit réussi et la langue maîtrisée sur la première partie du roman, je me suis lassée très vite. Beaucoup de métaphores dans ce roman, un peu trop, et pas toutes subtiles. La seconde partie du livre m'a semblé lourde à ingérer. Dommage parce que le début était très prometteur. A suivre pour un second titre de M. Siaudeau.


**********

Il s'agit donc d'une lecture Comité de lecteurs, ainsi que d'un premier roman à inscrire au challenge de Fattorius.




2 commentaires:

  1. Bonsoir! Je me souviens de ce petit livre... que j'ai lu durant mes vacances d'été 2013 à Nice! J'en garde un souvenir sympathique. Merci pour cette nouvelle participation!

    RépondreSupprimer
  2. Je l'ai lu le mois dernier, l'auteur est de ma région d'après ce que j'ai découvert au cours d'un salon du livre.
    Je crois que c'est vraiment un livre à lire en une traite, mais je ne pense pas qu'il rentrera dans les mémoires plus que ça.
    Par contre tu me donnes envie de lire l'étranger du coup, pour comparer !

    RépondreSupprimer