lundi 3 mars 2014

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee

Auteur : Harper Lee
 Titre : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Broché :  447 pages
Editeur : Le livre de Poche
Collection : Littérature et documents
  Edition : janvier 2013

Un superbe roman, intemporel.




Présentation de l'éditeur :

Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au cœur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays. C'est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise - les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.

Ma lecture : 

Ce titre ne m'était pas inconnu, et depuis longtemps, aussi je fus surprise qu'il s'agisse d'un premier roman. Je n'avais aucune idée du sujet abordé dans ce livre écrit en 1960. Je vais commencer par le point négatif, pour finir sur une note positive : la traduction. J'ai parfois été décontenancée par certains passages, quelques phrases. A la lecture des articles ici ou là, il semble que la traduction y soit pour quelque chose. Si tel est le cas, c'est très dommage.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est le premier et unique roman de Nell Harper Lee. S'il n'est pas autobiographique, il doit néanmoins beaucoup à l'histoire personnelle de l'auteure : les noms, le cadre, le métier de son père, son caractère plutôt garçon manqué dans sa tendre enfance, l'intérêt de la famille Finch pour les livres...

Ce roman est un grand classique de la littérature américaine. Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est aujourd'hui traduit dans plus de 30 langues et a été édité à 30 millions d'exemplaires. Il est un livre devenu culte aux Etats-Unis, et a obtenu le prix Pulitzer en 1961. Il fera l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques dont celle de Robert Mullingam en 1962, To kill a Mockingbird, avec notamment Gregory Peck dans le rôle d'Atticus Finch.

To kill a Mockingbird, avec Gregory Peck (1962)


Le récit se déroule dans les années 1930, dans une petite ville d'Alabama, au Sud des Etats-Unis. Il témoigne du combat d'une partie de la population, dont Mr Finch, le père de la jeune narratrice, Scout, contre la ségrégation raciale. Cette thématique n'est pas anodine pour cet Etat du Sud au début des années 1960. C'est en partie ce qui fera le succès de ce roman. En effet, dans l'Alabama des années 1960, date de la parution du roman, les blancs s'opposent encore violemment à l'émancipation des noirs. C'est de cet Etat que part le mouvement des droits civiques de Martin Luther King et Rosa Parks. La ségrégation ne sera abolie qu'en 1964. Si le récit se passe dans les années 1930, en pleine récession, il reste particulièrement actuel au moment de la sortie du livre. Et on peut dire qu'il le reste encore aujourd'hui.

D'un point de vue historique, ce roman fourmille de références : la crise de 1929, la ségrégation raciale, la guerre de Sécession, la prohibition, la grande dépression, l'arrivée de Hitler au pouvoir et ses premières mesures antisémites, le rôle joué par Roosevelt et sa femme dans le combat anti-ségrégationniste... Le tout raconté avec une qualité pédagogique indéniable.

La narratrice est une petite fille de 6 à 8 ans, confrontée, par le métier d'avocat de son père, Atticus Finch, aux préjugés et au manque de courage d'une petite ville de blancs devant juger Tom Robinson, un noir accusé d'avoir violé une jeune fille blanche. Le récit est fluide et permet de poser avec beaucoup de précision le contexte. L'histoire, très riche, se lit avec beaucoup de facilité, ce qui en fait un roman transgénérationnel, capable de captiver les adolescents et de nourrir la réflexion de leurs parents.

To kill a Mockingbird - 1962


Le récit du procès est particulièrement réussi, de même que les relations familiales chez les Finch, pleines de respect et de tendresse. J'ai également beaucoup aimé la description des réunions du cercle des missionnaires organisées par Tante Alexandra : elles sont le témoignage de toute cette hypocrisie, ce cynisme dissimulés sous des sourires de convenance. Les portraits sont criants de réalisme. Ce roman est un chef d’œuvre.


"Thomas Jefferson a dit un jour que tous les hommes naissent égaux, phrase dont les Yankees et la dame de la Présidence à Washington aiment à nous rebattre les oreilles. Certaines personnes ont tendance, en cet an de grâce 1935, à utiliser cette phrase en la sortant de son contexte pour satisfaire tout le monde. [...] Mais ce pays met en application l'idée que tous les hommes naissent égaux dans une institution humaine qui fait du pauvre l'égal d'un Rockefeller, du crétin l'égale d'un Einstein, et de l'ignorant l'égal de n'importe quel directeur de lycée. Cette institution, messieurs les jurés, c'est le tribunal."
(Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee - Ed. du Livre de Poche, pages 317-318.)


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Une lecture à inscrire dans beaucoup de challenges et rendez-vous : un classique par mois chez Stéphie, le Comité de lecteurs, ici, la plume au féminin chez Opaline, 100 livres à avoir lu chez Bianca, les Romans cultes chez Métaphore et, enfin, le défi premier roman chez Fattorius.

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4 commentaires:

  1. Tout le monde connait le titre mais peu de gens connaissent le roman.
    Je l'ai enfin lu l'année dernière et j'ai bien aimé même s'il ne persistera pas longtemps dans ma mémoire.
    Passe une bonne journée que j'espère ensoleillée.

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  2. Je ne l'ai pas encore lu mais il est rentré en fin d'année dans ma PAL, j'espère que je pourrais l'en extraire dans les prochains mois ! Merci pour cette 3è participation ;)

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  3. Merci pour cette participation au défi Premier roman! Je l'ai lu il y a quelques années, et j'en garde un assez bon souvenir - si ce n'est qu'il m'a paru peiner à décoller.

    @Bianca: extrayez-le de votre pile à lire - et bonne lecture!

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  4. Je l'ai lu il y a quelques années, une lecture marquante.

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