samedi 29 novembre 2014

La fractale des raviolis - Pierre Raufast


Un ouvrage sans prétention,
d'une construction très plaisante.


Voici un petit texte (260 pages écrites très gros) simple et sans prétention aucune (suivez mon regard...) qui est un vrai régal. Une succession de récits sans lien apparent les uns avec les autres, mais qui s'enchaînent avec fluidité. Des histoires intéressantes et une construction inédite. Sympathique.


Présentation de l'éditeur :

Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors que s’approche l’instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l’action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes.

Tout ébaubi de voir tant de pays, on découvre les aventures extraordinaires d’un jeune garçon solitaire qui, parce qu’il voyait les infrarouges, fut recruté par le gouvernement ; les inventions stratégiques d’un gardien de moutons capable de gagner la guerre d’Irak ; les canailleries d’un détrousseur pendant l’épidémie de la peste à Marseille en 1720 ou encore la méthode mise au point par un adolescent sociopathe pour exterminer le fléau des rats-taupes.

Véritable pochette surprise, ce premier roman ajoute à la géométrie rigoureusement scientifique, la collision jubilatoire du probable et de l’improbable.


Ma lecture :

Second titre de la liste du Comité de Lecteurs de décembre avec un livre qui fait parler de lui. Il me semble que sa popularité tient pour beaucoup à sa construction pour le moins originale.


Je ne vous expliquerai pas ce qu'est une fractale, je n'ai pas eu le courage de creuser plus avant la question. La seule chose que je peux dire, c'est que cela produit des figures tout à fait plaisantes et originales. Comme dans ce livre de Pierre Raufast, son premier roman.

Fractale

La figure proposée par l'auteur est semble-t-il sans fin : il nous entraîne de récit en récit, nous proposant des histoires et des mondes n'ayant que peu, ou pas, de liens entre eux, hormis le petit détail qui permet de faire la transition. Le passage d'un récit à l'autre n'est pas tiré par les cheveux pour autant, même lorsque le détail est infime. Et le lecteur s'enfonce ainsi jusqu'au cœur du livre, au sens propre comme au figuré, en passant par les envies de meurtre d'une jeune femme bafouée par son époux, la posture des plus délicates d'une jeune fille avec son paternel, une histoire de médaille sacrée, l'audace d'un arnaqueur ou l'isolement d'un jeune homme ayant la faculté de voir les infrarouges, la détresse d'un voyou en pleine épidémie de peste à Marseille en 1720...

On peut parler de poupées gigognes, mais également de dominos, où une figure en appelle une autre et ainsi de suite. On se demande par quel mécanisme l'auteur va bien pouvoir nous donner la clef de toutes ces énigmes, quel peut bien être le lien entre elles, s'il existe. Et tout aussi facilement que la pelote s'est déroulée, le fil de l'histoire s'enroule à nouveau pour remonter à l'histoire originelle et nous offrir un dénouement improbable et plein d'humour.

La lecture de ce texte est tout à fait agréable. Je doute cependant qu'il en reste quelque chose dans la durée. En effet, les récits sont nombreux, très différents les uns des autres, le lien n'est pas évident, et je ne pense pas me souvenir bien longtemps de la logique de cette construction. Un livre néanmoins original et plaisant à lire, qui pourrait donner matière à de très nombreux autres livres. Très distrayant.

« Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance. »
Je comprends qu’un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation, par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non. Pourtant, ce substantif vint spontanément à l’esprit de Marc, lorsque je le pris sur le fait avec sa maîtresse.
Définition d’ « inadvertance » : défaut accidentel d’attention, manque d’application (à quelque chose que l’on fait)  (La Fractale des raviolis - Pierre Raufast - Ed. Alma, 2014 - page 15)


La fractale des raviolis de Pierre Raufast. Éditions Alma, 2014. 262 pages.

D'autres avis chez Miss Bouquinaix, Marie, Keisha, l'Irrégulière, Jérôme ou encore Noukette.


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Il s'agit de ma seconde lecture dans la liste proposée par ma bibliothèque et reprise pour le Comité de lecteurs de décembre, de ma 10ème lecture de cette rentrée littéraire 2014, et, enfin, d'un premier roman.

http://fattorius.over-blog.com/2013/12/d%C3%A9fi-premier-roman-je-reprends-le-flambeau.html   http://itzamna-librairie.blogspot.fr/2014/10/comite-de-lecteurs-decembre-2014.html   http://delivrer-des-livres.fr/challenge-1-2014-les-lectures-participants/



3 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec toi et l'idée de dominos est intelligente. Une fractale est une figure qui se reproduit à grande ou à petite échelle. Dans celle que tu présentes, si tu pouvais cliquer à un endroit et zoomer dessus (ce qui n'est malheureusement pas possible sur une image jpeg), tu reverrais la figure se reproduire. Il y a un processus algorithmique derrière. Bises

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  2. Pas la première fois que je vois un avis positif sur ce livre. Ca me démange de plus en plus de mettre la main dessus à celui-là, merci pour ton avis :)

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