vendredi 9 août 2019

L'enfer est pavé de bonnes intentions - Lauren Weisberger

Nouveau cadeau Fête des mères ! Après Musso et Lévy, me voici donné l'occasion de découvrir la chick littérature, courant qui désigne des romans et comédies sentimentales écrits par des femmes pour les femmes. Je ne suis pas adepte de ce genre de littérature et l'ai gardé sous le coude pour les vacances, car il me semblait adapté à la pause estivale. Et effectivement, me voici plongée au beau milieu d'un épisode de Desperate Housewives, situé celui-ci à quelques encablures de New-York, dans la ville de Greenwich. J'avais vu l'adaptation du premier roman de l'auteure, Le Diable s'habille en Prada. Je n'ai donc pas été surprise de l'univers du récit : une ville chic, en banlieue de New-York, où se regroupent des familles bourgeoises, wasp, qui quittent la grosse pomme à la recherche d'une meilleure qualité de vie, de belles maisons avec des pelouses bien tondues, pour élever leurs enfants, se mettre au sport et jaser sur le dos des voisins et amis.

L'enfer est pavé de bonnes intentions - Lauren Weisberger
Editions Fleuve, avril 2019, 425 pages


Présentation de l'éditeur :

Bienvenue à Greenwich, Connecticut, où les gazons et les femmes sont parfaitement entretenus, les mecs et les sodas forts, et où tout le monde a quelque chose à dire sur le nouveau voisin d'à côté.

Ex-associée dans un des plus grands cabinets d'avocats de Manhattan, Miriam a depuis peu troqué sa robe contre des leggings hors de prix, et commence les cocktails dès le matin.
De quoi lui donner le temps d'accueillir dans cette banlieue huppée, où les pièges sont nombreux, Emily - ex-assistante de la grande Miranda Priestly - qui vit une mauvaise passe. Reconvertie en consultante en image à Hollywood depuis son départ de Runway, elle est complètement larguée en matière de réseaux sociaux... et sa rivale n'en rate pas une lorsqu'il s'agit de récupérer ses clients infidèles.

Mais quand Karolina, l'ex-top modèle, est arrêtée pour conduite en état d'ivresse avec la voiture pleine à craquer des enfants du voisinage, c'est l'occasion pour les trois femmes de montrer que l'union fait la force !

Ma lecture :

Après la littérature Young Adults, me voici à nouveau sortie de ma zone de confort, en pleine Chick Litt... J'exagère un peu, j'avoue. Mais j'ai quand même peu l'habitude de ce type de lectures. La dernière en date, qui est également récente, était Six femmes, un pseudo thriller de Tina Seskis. J'ai trouvé beaucoup de ressemblances avec ce roman de Lauren Weisberger : un univers de femmes désenchantées, qui peinent à trouver matière à illuminer leur existence, des échanges ternes entre elles, qui tournent autour du paraître et de la futilité de leurs vies de mères inoccupées. Dans L'enfer est pavé de bonnes intentions, leurs centres d'intérêts tournent autour de leurs petits (ou plutôt des fêtes qu'elles peuvent organiser pour eux), de la carrière de leurs époux, des rumeurs sur les infidélités des uns, du patrimoine des autres, et bien sûr des cours de sport qu'elles suivent assidûment chaque jour et des vêtements chics qu'elles sont ensuite en mesure de porter. Peu portée moi même sur la mode, j'ai découvert une foultitude de marques dont je n'avais jamais entendu parler ! Ah, et j'allais oublier : les soirées alcoolisées, la vie sexuelle de ces quadra à la recherche d'un peu de piment et leurs après-midis Tupperware entre femmes autour des sex-toys...
Bref, 420 pages de ce tonneau a vraiment de quoi lasser...
"Mesdames, reprit Sage, permettez-moi de vous dire, en préambule, ce que je ne ferai pas : je ne vais pas vous proposer un quelconque petit jeu idiot pour briser la glace, je ne forcerai personne à acheter de la peinture corporelle au chocolat, ni quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs. Et en aucun cas je ne vais vous présenter quelque ignoble dildo en plastique en vous expliquant en quoi il changera votre vie."

En synthèse, c'est superficiel, creux, mais c'est tellement snob que ça se la joue intellectuel. Je le comparerai bien à certaines œuvres d'art contemporain (et je ne dirai pas lesquelles…) qui n'ont rien à montrer mais qui glosent tellement autour du néant que cela fini par se vendre une fortune.

Pour autant (eh oui, parce que rien n'est tout noir ou tout blanc), j'ai trouvé dommage que ce côté superficiel soit si présent parce qu'il y avait aussi des choses sympathiques dans ce livre. J'ai aimé les trois personnages centraux du roman : Miriam en ex-femme de tête qui s'est effondrée à la naissance de ses enfants et qui navigue entre prise de poids et tentative d'intégration dans une communauté qui lui reste étrangère ; Emily, dynamique consultant en image qui tente de se relancer grâce aux déboires que subit Karolina, ex top-modèle qui a le mauvais goût de ne pas rester bloquer à 20 ans. J'ai bien aimé ces trois caractères si différents, à la fois tranchés par leurs différences mais aussi subtils et complexes. J'ai également apprécié, et c'est paradoxal, la peinture que nous fait Lauren Weisberger de ce monde "bling bling" et superficiel. Mais, je me répète, 420 pages, c'est trop. D'autant que l'intrigue, qui pourrait également être prenante, traîne un peu en longueur, privilégiant la description du quotidien de cette communauté de femmes oisives.

Pour conclure, je dirai que c'est un livre qui se lit vite et facilement, qui fait sourire parfois, dépaysant socialement, un récit léger parfait pour les plages estivales, mais qui ne restera pas dans les annales. Pour ma part, je l'ai lu au début des vacances, et englouti en 3-4 jours. Un bon moyen de déconnecter !

Pour d'autres points de vue, je vous invite à lire la critique élogieuse de CultureNews, ou celle tout aussi enthousiaste de La lectrice.



Welcome to Wisteria Lane !



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