mardi 13 janvier 2015

Anomalie P - Stéphane Pajot

Stéphane Pajot, pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas, est un auteur incontournable du pays nantais. Journaliste du quotidien local Presse Océan, je le connaissais surtout pour ses ouvrages ayant pour thème la mémoire de Nantes et pour les nombreux calendriers présentant de magnifiques photos noir et blanc de Nantes au siècle dernier.
Je le découvre aujourd'hui avec son dernier roman, paru aux Éditions L'Atalante, et dont mes "collègues" de club de lecture m'ont grandement vanté les mérites. Stéphane Pajot parle ici de Nantes, du Grand Éléphant, du lac de Grand Lieu, de la légende de la cité disparue d'Herbauges, engloutie dans le lac, de meurtres et de disparitions intrigantes... Tous les ingrédients pour un conte moderne au cœur de la ville. 

"La science a fait de nous des dieux avant que nous ne méritions d'être des hommes." Jean Rostand (1894-1977)


Présentation de l'éditeur :

Un meurtre sur fond de trafic de drogue, des pêcheurs de grenouilles polydactyles, un marié noyé, une chute lente dans la marginalité. Tristan Madec, conducteur d'éléphant, emmène le lecteur sur la route du Lac de Grand-Lieu et de sa mélancolie.

Attention, âmes insensibles et esprits étroits s'abstenir !
 
Ma lecture :

Et bien voilà, au moins c'est dit : je suis insensible et j'ai l'esprit étroit !
Pas facile de faire une critique quand la quatrième de couverture se termine ainsi... Mais j'assume. Et je vais en profiter pour vous faire découvrir la région !

Tout y était pourtant : l'intérêt que je porte à Nantes, qui m'a vue naître il y a..., l'histoire de cette ville, sa poésie, son lien avec le fleuve, le dynamisme dont elle a su faire preuve ces dernières années en devenant une ville touristique de plus en plus prisée, le grain de magie et de folie qui la rend si attachante, avec son éléphant et ses géants, son carrousel des mondes marins, les œuvres d'art qui jalonnent la ville tout au long de l'année et notamment lors du rendez-vous désormais incontournable du Voyage A Nantes... C'est de tout cela dont il est question dans ce roman.

    


Mais pas que... Stéphane Pajot nous parle aussi de Trentemoult, de l'autre côté du fleuve, ancien village de pêcheurs et de marins, dont les maisons se vendent aujourd'hui à prix d'or aux bobos des environs ; Trentemoult qui a aussi son rendez-vous artistique annuel, Le parcours des créateurs, avec les expositions organisées dans les rues, les garages, les jardins ou les maisons des particuliers ; Trentemoult relié à Nantes par le Navibus...

  


Mais ce roman est, surtout, construit autour de la légende de la cité d'Herbauges engloutie par le lac de Grand Lieu au cours du VIème siècle, en représailles divines à la résistance que la ville opposait aux efforts d'évangélisation de Saint Martin de Vertou. L'auteur nous raconte que dans les profondeurs du lac, en hiver le plus grand lac naturel de plaine français, différentes espèces de grenouilles auraient élu domicile et construit une civilisation à part entière, avec des règles et une histoire qui n'est pas sans rappeler les heures les plus sombres de la nôtre.

 

Voilà ce qui m'attirait dans ce roman... et précisément ce qui m'a profondément déçu. Je m'attendais à une enquête, puisque c'est de cela dont il s'agit aussi, prenant corps dans l'environnement local. Au lieu de cela, j'ai eu l'impression de lire un guide touristique pimenté d'intrigue policière. Tous les hauts lieux du tourisme nantais apparaissent, les uns après les autres, arrivant parfois comme un "cheveu sur la soupe", sans réelle magie ou poésie. C'était trop pour moi. Le summum, c'est quand l'auteur nous fait rencontrer, avec Tristan Madec, le héros de cette histoire, le Directeur actuel du jardin des plantes de Nantes, Romaric Perrocheau. Si je trouve l'hommage pleinement justifié, j'ai trouvé que, dans ce livre, c'était la goutte d'eau. Too Much !

     


J'ai eu l'impression de lire le résultat de l'un de ces exercices littéraires imposés dont l'objectif est de construire un récit avec une série de mots imposés. Quand l'exercice est réussi, on oublie la liste de ces mots. Ici, la longue liste y est passée... Quant à l'histoire des grenouilles pour finir, au cœur de l'intrigue... je vous laisse la découvrir. De mon côté, mon esprit étroit l'a trouvée trop peu subtile, pas assez onirique et superficielle.

Pour conclure, j'inviterai quand même les non nantais à lire ce roman qui témoigne néanmoins de la fantaisie de Nantes, et en espérant qu'il leur donnera envie de venir découvrir la région.


   

 

Bon voyage dans la Cité des Ducs de Bretagne !

Anomalie P de Stéphane Pajot. Librairie L'Atalante Nantes, septembre 2014. 154 pages.


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Pour vous faire un autre point de vue sur ce roman, je vous invite à aller découvrir les billets de Yves, Lorraine et du blog A l'ombre des nénuphars.

Merci beaucoup aux Éditions L'Atalante, Nantes, pour l'envoi de ce texte dans le cadre de l'opération Masse critique proposée par Babelio. C'est aussi un roman (le 15ème pour moi) de cette rentrée littéraire 2014, à inscrire au challenge Polars et Thrillers repris cette année chez Canel.

http://www.babelio.com/  http://www.canelkiwi.com/archives/2014/10/19/30786740.html 




3 commentaires:

  1. Moi qui ne connais pas Nantes plus que cela (un passage éclair d'une journée), je ne suis pas tentée. Pourtant, tes photos sont belles....

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  2. Ah quel dommage que tu ne sois pas tombée sous le charme de ce roman, pour ma part, j'ai beaucoup aimé

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  3. Le coup du roman policier-guide touristique, j'ai détesté ça dans "Inferno" de Dan Brown, ça a effectivement un côté pénible comme si l'auteur voulait meubler autour d'une intrigue trop pauvre...Je comprends ta déception !

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